La sueur perlait sur mon corps divin. Le soleil ardent, désirant frapper de ses éclats mes pectoraux d'acier et mes biceps lustrés, dominait le ciel bleu de l'Ouest français. Sérieusement, deux jours se sont écoulés dans les mêmes conditions; soleil flamboyant, montagne au sommet enneigé et moi, marchant avec quatorze kilos sur le dos, quarante kilomètres pour me rendre en Suisse.
À deux mille cinq cents mètres d'altitude, il n'y a plus ombre d'arbres. Plus aucun buisson, seulement des grands champs d'herbe verte parsemée de rocher. Lorsque vous vous trouvez à cette hauteur, le vent siffle à vos oreilles, les nuages vous frôlent le dos, les bouquetins s'approchent en respirant l'air frais de l’altitude. Lorsque vous vous trouvez à cette hauteur, le silence s'impose dans vos pensées, vous ressentez une sérénité que vous ne pouvez trouver que seul, loin de toute civilisation. C'est lorsque je contourne le grand rocher qui me sépare de mon objectif avant la nuit des quatre heures de marche que je viens de faire depuis le lac Blanc et le Col de la Marne, que j’entends au loin des bruits cacophoniques de ding dong qui s’ajoute au sifflement du vent. Aussitôt, mon cœur se met à palpiter au son des cloches. Mes vingt heures de marche des journées précédentes viennent de rapporter fruits. Les clochettes des vaches m’indiquent que je suis bel et bien en Suisse. Mais je ne peux me réjouir trop vite, il me faut encore un bon dix heures de marche avant Martigny, la ville la plus près.
Chamonix à Martigny, ce n'est peut-être pas la montée du Mont Blanc, mais je peux quand même en être fier.
David
P.S: La nuit, le ciel sur la crête des alpes est probablement l’une des mes merveilles du monde...


















