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le le samedi 22 mai, 2010
Le périple du Serpent à plumes (53)
Portrait de carol_doucet

— Écoute Catherine. Reste en place. Tu ne veux pas que ton frère meurt en plus. J’arrive moi. Je serai là avec toi jusqu’à la fin de tes traitements. Ensuite nous reviendrons ensemble. Le pilote va nous attendre donc nous pourrons partir rapidement quand tout sera fini.

— Je n’arrive pas à y croire. Mon cœur bat tellement fort tout de suite. J’ai besoin de comprendre.

— Catherine, écoute-moi, tu as une sonnette pour demander de l’aide dans ta chambre ? Sonne-là.

— Non surtout pas. Il ne faut pas que l’infirmière sache ce qui se passe. C’est une folle. Je ne veux pas lui parler.

— Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? Écoute Catherine. Tu ne peux pas rester toute seule. Ton frère, celui qui est venu te chercher ici, je vais lui téléphoner. Je vais lui dire d’aller te voir jusqu’à ce que j’arrive. Dis-moi Catherine comment je peux le joindre. Donne-moi son numéro, s’il te plait. C’est pour ton bien. J’ai peur pour toi. Je ne veux pas que tu sois seule.

— Oui, tu as sûrement raison. Mais c’est la nuit. Ça va réveiller tout le monde. Il est chez mes parents je crois.

— Écoute Catherine. Donne-moi ce numéro.

Après avoir raccroché, Catherine était tellement perturbée qu’elle éprouvait de la difficulté à respirer. Elle suffoquait, ce qui provoqua un arrêt des machines sur lesquelles elle était branchée. Aussitôt, une équipe de trois infirmières entra dans sa chambre.

— Que se passe-t-il ? Vous êtes mal ? Que se passe-t-il lança une infirmière ?

Catherine ne répondait pas. Elle pleurait et s’étouffait dans ses larmes. Elle avait de plus en plus de difficulté à respirer. Elle était dans un état de panique.

— Fermer les machines. Appelez le médecin, hurla l’infirmière. Que se passe-t-il madame ? Vous avez du mal ? Je ne comprends pas ce qui se passe ? On ne vous a pourtant pas enlevé trop de sang ! Vous avez de la difficulté à respirer. Que s’est-il passé ?

— Je, je…. Je viens d’avoir un appel. Je ne crois pas ce qui se passe, je dois partir… je dois partir d’ici. Débranchez-moi. Il faut que je parte tout de suite à la maison. Il faut que je le voie pour comprendre. S’il vous plaît. Débranchez-moi.

— Vous ne pouvez partir Madame Moricet. Il ne vous reste qu’une journée et demie et les traitements seront complets. Vous êtes rendue trop loin, et tout se passe bien. Ce que vous faites est très important. Votre frère pourra s’en sortir. Vous lui sauvez la vie Catherine. Vous pourrez partir pour la maison dans moins de deux jours. Mais qu’est-ce qui vous préoccupe comme ça ?

— Il est mort. Mon conjoint. On vient de me téléphoner pour me dire qu’il est tombé, qu’il est mort. Ce n’est pas possible.

— Quoi ? Votre conjoint ? Il est décédé ? Je, je suis désolée… je ne sais pas quoi vous dire. Vous venez d’apprendre ça comment ?

— On m’a téléphoné.

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