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Faudra-t-il dire adieu au programme 'Chances égales'?
Mise à jour le lundi 08 septembre 2008
Une certaine inquiétude règne chez bien des gens au sujet du Document de travail sur le régime fiscal du N.-B. Depuis sa parution, en juin, il éveille des soupçons: les réformes fiscales mises en place par l'ancien premier ministre, Louis Robichaud, sont-elles en train de disparaître? La réforme du système de taxation de Louis Robichaud veillait à ce que les taxes fournissent les ressources requises pour financer adéquatement l'éducation, les services de santé, les infrastructures, l'aide sociale, etc. Si les orientations proposées dans le récent document de discussion sur la réforme fiscale étaient adoptées, ce serait le coup de mort du programme "Chances égales", pour lequel "Ti-Louis" avait si courageusement bataillé.Au lieu de gérer les richesses du N.-B. en fonction du bien commun, l'objectif de la réforme fiscale proposée est l'autosuffisance. Le gouvernement actuel vise à réduire sa dépendance de l'impôt sur le revenu et veut prélever une plus grande partie de ses recettes en augmentant les taxes à la consommation. La réforme fiscale concentrerait la richesse dans les mains des nantis. Sachant que leurs taux de taxation seront très faibles au N.-B., les compagnies viendront s'y installer pour prospérer. L'impact le plus inquiétant qu'aurait la réforme fiscale, ce serait de diminuer considérablement les revenus provenant des taxes des particuliers. Cela laisserait la province avec un sérieux problème de manque d'argent pour couvrir les besoins de milliers de gens qui ont besoin de soutien et de services. C'est pour contrer cela que Louis Robichaud avait instauré un système d'impôt progressif pour la redistribution et l'égalisation du revenu. Un autre effet pernicieux de cette réforme fiscale serait qu'elle continue d'élargir l'écart entre les riches et les pauvres. En 2005, au N.-B., 10 % des familles les plus riches et ayant des enfants déclaraient un revenu moyen de 121 642 $, alors que 10 % des familles les plus pauvres ne gagnaient que de 7851 $. Ces chiffres, obtenus du Centre for Policy Alternatives, sont basés sur un petit échantillon et peuvent ne pas être aussi précis qu'on le souhaiterait. Cependant, ils indiquent que l'écart entre riches et pauvres est énorme. Si la réforme proposée était acceptée, elle aggraverait cet écart. En l'occurrence, les crimes risqueraient d'augmenter: pillage, vol, violence, etc. Le désordre social résultant d'une inégalité croissante ferait du N.-B. une province moins attrayante pour les gens d'affaires.Une taxe additionnelle sur l'essence ferait mal aux gens pauvres. Au N.-B., en 2005, plus de 75 700 personnes travaillaient à moins de 10 $ l'heure. Beaucoup d'entre elles doivent se déplacer en voiture pour se rendre au travail. Taxer davantage l'essence désavantagerait surtout les gens des milieux ruraux qui n'ont d'autre choix que de prendre leur voiture. Quant aux assistés sociaux, eux aussi doivent utiliser une voiture pour se procurer les biens et les services de base. Actuellement, le mazout coûte 544 $ pour 100 gallons. Une maison modeste peut facilement en brûler 600 gallons par an. Si la proposition d'une surtaxe sur le mazout était adoptée, il faudrait, en 2012, débourser près de 300 $ de plus pour chauffer cette demeure. Augmenter la TVH de 13 % à 15 % accroîtrait les difficultés financières des gens de la classe moyenne et des plus pauvres. Taxer davantage l'électricité, le téléphone, les équipements, etc., tout cela grugerait une partie importante du budget. Si elle était adoptée, la réforme fiscale proposée ferait dire adieu au programme "Chances égales". Elle augmenterait considérablement l'écart entre les riches et les pauvres. Il y aurait moins d'argent dans les coffres du gouvernement, et il faudrait couper dans certains programmes. Nos politiciens doivent faire connaître quels programmes et quels services risquent d'être éliminés pour que les modifications proposées soient "fiscalement neutres". Bien avant nous, le philosophe Aristote disait que "N'est juste que ce qui respecte l'égalité". Nous disons NON à l'ensemble de la réforme fiscale proposée. AURÉA CORMIER, ndsc Conseillère provinciale au Front Commun pour la justice sociale et Coordonnatrice de l'Équipe Justice et Solidarité Moncton
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