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Un lien entre les activités intellectuelles et l'embonpoint
Mise à jour le samedi 06 septembre 2008
Par: LA PRESSE CANADIENNE
MONTRÉAL - Les activités intellectuelles favorisent une surconsommation d'aliments, ce qui, à long terme, peut avoir une incidence sur le tour de taille, a découvert un étudiant au doctorat de l'Université Laval.Jean-Philippe Chaput a publié les conclusions de son étude dans le journal Psychosomatic Medicine de septembre. "C'est psychobiologique, a expliqué Jean-Philippe Chaput. Le stress de la performance intellectuelle fait augmenter la fréquence cardiaque et les niveaux de cortisol dans le sang, ce qui augmente la prise alimentaire. Aussi, manger est une récompense que l'on s'accorde pour le stress subi." "J'ai vu beaucoup d'étudiants de maîtrise et de doctorat sortir avec un diplôme, mais aussi avec quelques livres en plus", a raconté le directeur de doctorat de Jean-Philippe Chaput, Angelo Tremblay.Quatorze étudiantes de 20 à 30 ans de l'Université Laval se sont soumises au programme de recherche. À leur arrivée au laboratoire, à 8 h le matin, on leur servait à toutes le même déjeuner. À 10 h 30, elles passaient 45 minutes, soit assises passivement, soit à lire un reportage du magazine L'actualité et le résumer en 350 mots, soit à répondre à des questionnaires sur l'ordinateur. On mettait ensuite les jeunes femmes en présence d'un buffet à volonté. En pesant la nourriture avant et après, les chercheurs savaient au gramme près ce que les étudiantes avaient consommé. Chacune se présentait trois fois pendant deux mois pour exécuter chacune des activités. Pour préserver l'objectivité de l'étude, elles ignoraient que l'on pesait leur nourriture. Elles pensaient participer à une recherche sur la perception des aliments, et des questionnaires à remplir brouillaient les pistes. Après avoir écrit le résumé ou répondu aux questionnaires sur l'ordinateur, les jeunes femmes n'étaient pas plus affamées, mais ont quand même profité davantage du buffet. En moyenne, elles consommaient entre 200 et 250 calories de plus, l'équivalent de deux verres de boisson gazeuse, de quatre pommes ou d'un bagel presque entier. Au souper, elles mangeaient autant qu'à leur habitude, ce qui signifie que ces 200 calories représentaient un réel surplus dans leur journée. "L'augmentation de l'obésité dans notre société est allée de pair avec le virage plus intellectuel du travail", a soutenu Jean-Philippe Chaput. Les chercheurs poursuivent en ce moment une autre phase de ce projet en appliquant le même protocole à 100 jeunes hommes et femmes. Les résultats préliminaires, a confié Jean-Philippe Chaput, dessinent une tendance similaire pour les deux sexes. Ils explorent aussi une nouvelle combinaison. "Le sport pourrait compenser l'effet négatif du travail intellectuel", a dit croire Angelo Tremblay, qui tient souvent ses réunions scientifiques avec les étudiants et les collaborateurs en joggant. martin@martinlatulippe.ca
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