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Le retour aux urnes
Mise à jour le samedi 06 septembre 2008
Par: Jean Saint-Cyr
C'est armé d'une avance dans les intentions de vote des Canadiens que le premier ministre Stephen Harper se rendra demain matin chez la gouverneure générale pour lui demander de dissoudre le Parlement. Les observateurs anticipent que les élections générales auront lieu probablement le 14 octobre, mais ce pourrait être une semaine plus tard, histoire d'étirer davantage les ressources financières des autres partis politiques.Il fallait que le premier ministre se décide tout de suite. Lundi, il devait y avoir trois élections complémentaires. Il aura attendu à la dernière minute pour officialiser le déclenchement des élections que tout le monde attendait. Selon le sondage de la firme Environics conduit pour le compte de Radio-Canada et CBC, le Parti conservateur aurait recueilli 38 % des voix, contre 28 % pour le Parti libéral, si des élections s'étaient tenues entre le 29 août et le 2 septembre. Une semaine auparavant, le sondage de Harris-Decima donnait les conservateurs (33 %) pratiquement nez à nez avec les libéraux (34 %) à l'échelle nationale.Comme il fallait s'y attendre, les conservateurs ont opté pour faire des prochaines élections fédérales une question de leadership. Depuis une dizaine de jours, le Parti conservateur diffuse sur les réseaux télévisés canadiens une série de publicités vantant les mérites de Stephen Harper comme chef de parti et du gouvernement. L'écart des résultats entre le sondage Harris-Decima et celui d'Environnics tend à démontrer que la campagne publicitaire conservatrice est efficace. La machine gouvernementale a aussi noyé les médias dans une vague d'annonces de contributions fédérales tous azimuts, la plupart de ces contributions étant déjà dans le budget, les autres prévues pour 2010. Cette semaine, le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, réunissait son caucus à Winnipeg. Le chef libéral part en campagne avec son Tournant vert dans ses bagages électoraux. Ces bagages sont lourds à porter. Le programme que constitue le Tournant vert a beau avoir attiré des critiques positives d'économistes et d'institutions de renom, il est tellement complexe que même les députés de M. Dion n'en saisissent pas toute la portée et les détails de fonctionnement. Le chef libéral prend un risque important en misant essentiellement sur son programme vert pour gagner ces élections. Les observateurs estiment que le NPD, dont le chef Jack Layton se classe juste devant M. Dion, mais loin derrière M. Harper comme politicien susceptible de faire un bon premier ministre, a un programme électoral bien ficelé, peut-être susceptible de lui permettre de conserver tous ses sièges. En Atlantique, les libéraux bénéficient d'une avance marquée. Si le premier ministre Danny Williams arrive à imposer ses vues en Atlantique, les conservateurs auront de la difficulté à réaliser des gains. Que la campagne dure 35 ou 42 jours, il ne fait pas de doute que le premier ministre Harper part avec une longueur d'avance: les sondages lui sont favorables et sa caisse électorale est beaucoup mieux garnie que celle des libéraux ou des néo-démocrates. Cependant, après s'être mis à dos la communauté culturelle, plusieurs regroupements à vocation sociale, dont des regroupements féminins à travers le pays, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador et les environnementalistes, pourra-t-il gagner, au bout du compte, la confiance de suffisamment d'électeurs pour former un gouvernement majoritaire? Si les électeurs canadiens votent en gardant en mémoire plusieurs des décisions controversées qu'a prises le gouvernement en matière de politique sociale et d'environnement, la réponse est non. La tradition électorale, cependant, nous porte à croire que la campagne publicitaire déjà engagée par les conservateurs enrayera cette mémoire collective. Avantage Harper. Le premier ministre Harper part avec une longueur d'avance: les sondages lui sont favorables et sa caisse électorale est beaucoup mieux garnie. jean.saintcyr@acadienouvelle.com
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