Mode : Invité | Entrée des membres
Abonnez-vous
Changement climatique: quelle preuve faut-il pour agir ?
Mise à jour le samedi 06 septembre 2008
Par: Gwynne Dyer
Photo : Associated Press, Andy Newman.
Si l’ouragan Gustav avait frappé la Nouvelle-Orléans de plein fouet, qu’aurions-nous appris sur l’ampleur et la rapidité du changement climatique? Si l’océan Arctique perd cette année, lors de la fonte estivale, encore plus de glace que l’année dernière (la pire jamais enregistrée), la population sera-t-elle enfin convaincue que le réchauffement de la planète est une menace bien réelle et présente? Quelle preuve doit-elle accepter? Et quelle preuve acceptera-t-elle dans la pratique?

Pour les scientifiques, la preuve la plus convaincante que le réchauffement de la planète est plus rapide que ce que les modèles climatiques prévoient est l’accélération du recul de la calotte glaciaire arctique. Le National Snow and Ice Data Center (Centre national de la Neige et la Glace) de l’Université du Colorado, qui surveille la fonte estivale chaque année, a calculé que la diminution de la couverture de glace de l’océan Arctique était déjà plus importante qu’en 2005. C’est la deuxième plus mauvaise année enregistrée depuis le début des observations. Elle pourrait même dépasser le niveau bas record de l’année dernière.

Ce n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour les ours polaires, car la glace de l’océan Arctique réfléchit la majeure partie de la lumière du soleil vers l’espace tandis que l’eau libre, plus sombre, absorbe la plus grande partie de la chaleur du soleil. Un océan Arctique dépourvu de glace bouleverserait l’équilibre thermique du monde et accélérerait le réchauffement.

Il y a encore quelques années, les modèles climatiques suggéraient que l’océan Arctique pourrait être totalement dépourvu de glace à la fin de l’été 2040. Aujourd’hui, certains experts évoquent déjà 2013. Pourtant, les journaux parlent mille fois plus de l’ouragan Gustav que de ce qui se passe en Arctique.

C’est compréhensible, quand on sait que moins d’une personne sur mille a déjà vu l’océan Arctique de près. Dans le cas de la catastrophe qui s’accélère en Arctique, personne n’est évacué, si bien que les médias n’en font presque pas de cas. En revanche, en début de semaine, nous avons pendant plusieurs jours été inondés d’articles sur l’ouragan Gustav qui menaçait la Nouvelle-Orléans, déjà dévastée par le passage de l’ouragan Katrina il y a trois ans seulement.

Si l’on compte tous ceux qui ont été "portés disparus" dont les corps n’ont jamais été retrouvés, Katrina a pris la vie de près de 2500 Américains. L’inanité de la réponse du gouvernement fédéral a rendu l’événement encore plus choquant aux yeux de citoyens qui en étaient venus à penser que ce genre de catastrophes naturelles était réservé aux pays comme le Honduras ou le Bangladesh. C’est donc sans surprise que le président Bush a annulé, à la dernière minute, le discours qu’il devait prononcer à la Convention nationale des républicains. La dernière chose dont John McCain a besoin pour sa campagne est de raviver, en la présence de George W. Bush, le souvenir de cette bévue.

Mais le principal impact de Katrina a été de convaincre d’un seul coup bon nombre de personnes qui niaient le changement climatique que c’est un problème réel. Le grand virage qui s’est opéré dans l’opinion publique américaine dans les dix-huit mois qui ont suivi tient dans une large mesure au film d’Al Gore, Une vérité qui dérange. Mais pour beaucoup d’Américains qui ne croiront jamais un mot de ce que peut dire Al Gore, Katrina a marqué la fin du déni climatique.

Pourtant, la vérité, c’est que l’ouragan Katrina aurait pu se produire n’importe quand au cours de ces cinquante dernières années. Il aurait alors eu les mêmes conséquences, en présupposant le même degré d’incompétence humaine. En effet, les dispositifs anti-inondation de la Nouvelle-Orléans étaient inadaptés depuis longtemps. Les modèles du changement climatique prévoient des ouragans encore plus puissants, mais pas nécessairement plus nombreux, et Katrina était classé catégorie 3 sur une échelle de 1 à 5.

Katrina a frappé pile au bon endroit et a ainsi mis au jour la vulnérabilité de la Nouvelle-Orléans. L’ouragan Gustav, autre tempête de catégorie 3, est passé à côté de cette ville et s’est abattu sur des zones moins peuplées qui, cette fois, avaient été, pour la plupart, évacuées. Mais si on avait assisté à un Katrina II, le phénomène aurait généré plus d’un millier d’articles de journaux sur la modification des régimes de précipitations, l’acidification des océans et la fonte des glaces, afin de persuader le public que le changement climatique est une menace réelle pour leur bien-être. Et ce, même si ce n’était qu’un ouragan qui était peut-être sans lien avec le réchauffement planétaire.

La regrettable réalité, c’est qu’il n’y aura pas un nombre important de personnes prêtes à agir de façon décisive pour réduire les gaz à effet de serre dans les pays développés - là où ils ont le plus besoin d’être réduits - tant qu’une catastrophe naturelle de grande ampleur n’aura pas tué un grand nombre de personnes dans l’un de ces pays! Il n’est pas nécessaire que la catastrophe en question soit une conséquence du changement climatique (même si elle le sera probablement), dans la mesure où dans leur grande majorité, les gens ne s’y connaissent pas suffisamment en matière de climatologie pour reconnaître ce qui est une preuve valide du changement climatique et ce qui ne l’est pas. Katrina a permis de faire passer les Américains d’une attitude de déni à l’acceptation du fait que le réchauffement de la planète est un problème, mais il faudra un désastre encore plus grand pour les convaincre d’agir de façon radicale.

AUTRES MANCHETTES
Vers une pénurie... de souffleuses à neige!
Centre aquatique: la facture atteint 16,2 millions $
Achille Maillet: 'je ne suis pas au courant de ça'
Les élèves du N.-B. s'améliorent en lecture
L'idée d'un centre d'aide aux familles soulève l'enthousiasme dans Kent
Les infirmières pourraient être en grève d'ici Noël
Deux navires reposeraient au fond de la baie de Saint-Simon depuis 250 ans
Chevreuils: les prises en baisse de 25 %
Harvey: de l'eau... radioactive
Tracadie-Sheila: des coliformes dans l'eau
L'exode des cerveaux nuit aux élèves
Excellente participation dans le Nord
Pornographie infantile: autre ajournement
Arrêts cardiaques: le Nord-Ouest mieux équipé
La langue, principal talon d'Achille des immigrants
Les Brillants perdants au service des personnes moins nanties
Chambres d'hôtel à moitié prix!
Héritage ou Heritage
Encourager le transport interprovincial
Un discours du Trône consacré à l'économie
Moins de plomb dans le sang des Canadiens
Ottawa veut plus de voitures électriques
Zone Doc célèbre les 60 ans des droits de l'homme
États généraux: le milieu artistique se réjouit de l'initiative de l'U de M
Un peu de tout
Il y a déjà 10 ans...
  
C.P. 5536
476, boul. St-Pierre Ouest
Caraquet, (N.-B.), E1W 1B7

Téléphone : (800) 561-2255
Téléphone : (506) 727-4444
Télécopieur : (506) 727-7620
Courriel : infos@acadienouvelle.com

Kaboom - Édition du 28 octobre 2008
Kaboom - Édition du 14 octobre 2008
Kaboom - Édition du 30 septembre 2008
Répertoire jeunesse
Kaboom - Édition du 16 septembre 2008
29e Finale des Jeux de l'Acadie
CONFEMEN
Semaine nationale des soins infirmiers
Cahier touristique