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Stephen Harper aura ses élections en octobre
Mise à jour le jeudi 28 août 2008
Par: Hébert, Chantal
OTTAWA - D'ici à la fin de la semaine prochaine, le premier ministre, Stephen Harper, devrait rencontrer la gouverneure générale, Michaëlle Jean, pour lui demander de passer outre les élections à date fixe imposées par la loi et de dissoudre la 39e législature.

Tout compte fait, personne ne devrait s'attendre à ce que Mme Jean empêche le premier ministre de tenir des élections à l'automne. Voici pourquoi.

Le gouvernement Harper a établi un nouveau record de longévité pour un gouvernement fédéral minoritaire. Il a largement dépassé la durée de vie moyenne de 18 mois d'un gouvernement minoritaire canadien.

Aucun parti n'est prêt à former une coalition provisoire avec le Parti conservateur afin d'assurer la survie de la législature jusqu'en octobre 2009.

En effet, ni le NPD ni le Bloc québécois n'ont exprimé un intérêt à soutenir un régime libéral minoritaire par défaut jusqu'à la date butoir réglementaire l'an prochain. Les deux privilégient des élections. Au cours de la dernière année, les deux partis ont systématiquement voté contre le gouvernement sur des questions de confiance. Une session d'automne semble maintenant peu probable, car Jack Layton et Gilles Duceppe ont refusé d'envisager de changer de cap.

On peut faire valoir qu'il y a déjà un bon moment que le gouvernement Harper n'a plus la confiance du Parlement. D'ailleurs, depuis le budget de 2007, tous les partis de l'opposition ont bloqué la majorité des mesures législatives gouvernementales clés.

On doit la survie du gouvernement à la curieuse décision des libéraux de s'abstenir de voter sur des motions clés. Si le Parlement ne se limite pas au gouvernement, alors le dysfonctionnement du gouvernement résulte du refus des libéraux d'exercer comme il se doit leur rôle d'opposition officielle.

Cette dysfonction est intrinsèque à la situation embarrassante dans laquelle la direction du Parti libéral se trouve. Elle saute aux yeux, même pendant les congés parlementaires.

Depuis que Harper s'est décidé à mettre un terme à son mandat, le Parti libéral tient des discours contradictoires. D'un côté, il exhorte les Canadiens de chasser les conservateurs du pouvoir en cas d'élections automnales et, d'un autre côté, il essaie d'empêcher Harper de les déclencher.

Il y a deux mois à peine que Stéphane Dion a dévoilé son plan "Tournant vert pour lutter contre les changements climatiques". À ce moment, le chef libéral n'avait pas caché qu'il profitait du congé estival pour préparer son parti à une campagne électorale à l'automne. Depuis lors, les libéraux ont repris de plus belle leurs propos anticonservateurs.

Pourtant, on s'interroge encore si les libéraux sont prêts à aller aux urnes. Stockwell Day et Stephen Harper, les deux prédécesseurs immédiats de Dion à l'opposition officielle, avaient dû se lancer en campagne électorale peu de temps après avoir remporté leur course à la direction. Dion, pour sa part, a eu 20 mois pour se préparer.

Pendant cette période, il a soutenu à maintes reprises être maître de la date du déclenchement des prochaines élections, tout en tergiversant quant à leur tenue. En fait, la loi sur les élections à date fixe a toujours compris une échappatoire pour le premier ministre.

En effet, elle laissait intacts les pouvoirs du gouverneur général de dissoudre le Parlement. Pour changer ces pouvoirs, il faut modifier la Constitution. C'est pratique pour Harper, mais cela respecte aussi notre système parlementaire.

L'existence de la loi sur des élections à date fixe est le seul argument qui risque de transformer la rencontre imminente entre Stephen Harper et Michaëlle Jean en un événement plus sérieux que la simple visite protocolaire habituelle. Cela dit, ce n'est pas à la gouverneure générale de donner à la loi la reconnaissance quasi constitutionnelle que le Parlement n'a pas pu lui conférer. D'ailleurs, ce n'est pas à elle non plus d'exiger que le premier ministre soit tenu responsable d'avoir manqué à ses promesses.

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