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La tension monte dans la mer Noire
Mise à jour le jeudi 28 août 2008
Par: Sergueï Grits et Jim Heintz
BATOUMI, GÉORGIE - Le bras de fer entre les États-Unis et la Russie s'est focalisé sur la mer Noire, hier. Moscou a tempêté contre l'OTAN et positionné des bâtiments en Abkhazie, tandis que Washington faisait accoster un bateau militaire d'aide humanitaire, au lendemain de la reconnaissance par le Kremlin de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.Invoquant des opérations de maintien de la paix, la marine russe a dépêché trois navires, dont le croiseur Moskva, au port de Soukhoumi, capitale de l'Abkhazie (nord-ouest de la Géorgie). La frontière abkhaze se trouve à une trentaine de kilomètres au nord du port géorgien de Poti, contrôlé par les forces russes malgré les protestations des pays occidentaux qui dénoncent une violation de l'accord de cessez-le-feu prévoyant le retour des troupes russes et géorgiennes à leurs positions antérieures au début des combats, le 7 août.Or, c'est à Poti qu'avait été initialement annoncée la prochaine arrivée d'un bâtiment militaire américain transportant 34 tonnes d'aide humanitaire. Le Dallas a finalement jeté l'ancre dans le port de Batoumi, à quelque 280 km au sud de Soukhoumi. Le chef d'état-major interarmes adjoint en Géorgie, Zaza Gogava, a invoqué des raisons de sécurité, affirmant que le port de Poti pouvait être miné et receler plusieurs navires géorgiens coulés pendant les combats. La ville a, semble-t-il, beaucoup souffert de la présence de l'armée russe, qui a aussi installé des postes de contrôle sur ses accès nord. Mais surtout, la venue d'un bâtiment américain à Poti aurait été vécue par Moscou comme une provocation directe. Cela n'a pas empêché le général russe, Anatoli Nogovitsine, de qualifier de "diabolique" l'envoi d'un bateau de guerre pour de l'aide humanitaire. Le chef d'état-major adjoint, cité par l'agence de presse Interfax, a ajouté que l'OTAN avait déjà dépassé le nombre maximum de ses forces autorisé à croiser en mer Noire en vertu des accords internationaux. Le ministère français des Affaires étrangères a de son côté déclaré que l'Alliance menait "un exercice de routine décidé de longue date au large de la Bulgarie et de la Roumanie, sans rapport avec la situation en Géorgie". "Il n'est pas prévu que ces forces se dirigent vers les côtes géorgiennes", a-t-on ajouté. La marine américaine a en revanche fait savoir que le Dallas, qui a quitté Batoumi, comptait rester en mer Noire. Les États-Unis et autres pays occidentaux ont apporté une aide militaire substantielle à la Géorgie, au grand dam de Moscou qui voit d'un mauvais oeil se réduire sa sphère d'influence héritée de l'Union soviétique et considère comme une menace pour sa sécurité la volonté de la Géorgie et de l'Ukraine d'intégrer l'OTAN. Le président russe, Dimitri Medvedev, a déclaré mardi soir que la Russie n'avait "peur de rien, y compris de l'éventualité d'une guerre froide". L'ambassadeur russe en Moldavie a d'ailleurs brandi l'exemple de la Géorgie, hier, pour mettre en garde la Moldavie contre toute tentation de reprendre par la force la région séparatiste de Transdnistrie. En Géorgie, Moscou est intervenu pour contrer l'offensive de Tbilissi sur l'Ossétie du Sud séparatiste le 7 août, et les combats ont rapidement tourné à son avantage. Un cessez-le-feu a été conclu le 12 août et signé quelques jours plus tard, sous l'égide de l'Union européenne présidée ce semestre par la France. La Russie a officiellement achevé son retrait vendredi, mais elle conserve des soldats, plusieurs centaines probablement, dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité", autour des frontières de l'Ossétie du Sud (nord) et de l'Abkhazie. Les alliés occidentaux de Tbilissi ont condamné l'attitude de la Russie, et la France a convoqué une réunion extraordinaire du Conseil européen pour le 1er septembre.
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