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Deux fois moins de médecins et d’infirmières dans la régie des francophones
Mise à jour le jeudi 21 août 2008
Par: Marie Hélène Eddie
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Photo : L’Acadie Nouvelle, archives.
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DIEPPE - La nouvelle Régie de la santé A, qui doit desservir la plupart des francophones, mais qui sera bilingue, apparaît bien démunie si on la compare à sa "grande soeur", la Régie B (anglophone). En plus d’employer la moitié moins de médecins et d’infirmières que la Régie B, la Régie A aura un budget beaucoup moins garni et offrira très peu de services tertiaires.Selon le Dr Hubert Dupuis, médecin et président du Comité pour l’égalité en santé, il y a un sérieux déséquilibre entre la Régie désignée comme francophone et la Régie anglophone (voir tableau des chiffres). "C’est ça, la réalité sur le terrain. Il y a deux régies, dont une malchanceuse, et ça s’adonne que c’est la Régie francophone", critique-t-il.De plus, la Régie B compte la plupart des services tertiaires offerts dans la province, parfois en double et en triple. En effet, la Régie B compte trois laboratoires cardiaques, le seul Centre de chirurgie cardiaque, deux centres de neurochirurgie, la seule Unité de pédopsychiatrie, deux centres de traumatologie, plusieurs services d’hémodialyse, des services de radio-oncologie, le seul appareil de tomographie par émission de positons (PET Scan, en anglais), deux centres pour grands brûlés et trois unités néonatales tertiaires. La Régie A, elle, offre des services de radio-oncologie et d’hémodialyse. "Ça va être très difficile de se rattraper. Chose certaine, la course commence avec l’avantage d’un côté. La Régie A part perdante. À moins qu’il y ait une forte volonté politique, on ne se rattrapera pas", croit le Dr Dupuis. Il perçoit cette inégalité comme une injustice pour les francophones. "On semble présupposer que les francophones ne sont pas capables de gérer des services tertiaires. Moi, je soutiens le contraire. En plus, les services de la Régie A ont l’avantage d’être complètement bilingues, ce qui est loin d’être le cas dans la Régie B." Il rappelle enfin que du côté des services primaires et secondaires, la Régie A n’est pas non plus bien équipée. "Il manque de façon assez cruciale de médecins dans le Nord. Il y a des urgences fermées ou difficiles à faire fonctionner. Il y a aussi un manque important du côté des spécialistes, tels les pédiatres, les cardiologues, les pneumologues et les psychiatres", énumère-t-il. Régie B, régie provinciale? Il est prévu, selon les documents obtenus par le journal, que la Régie B desserve 600 000 personnes. Cela ne laisserait que 150 000 Néo-Brunswickois à se prévaloir des services de la Régie A. Pourtant, on prévoit que la Régie A desservira 246 000 personnes, un montant qui correspond de près au nombre de francophones au Nouveau-Brunswick. De l’avis du juriste Michel Doucet, ces chiffres ne s’expliquent que d’une façon. Les anglophones seront desservis par la Régie B et les francophones seront desservis par les deux régies, puisque la plupart des services de hautes spécialités sont gérés par la Régie B. "C’est un peu comme si on disait qu’il y a une régie provinciale (la Régie B) qui a tous les services et une régie francophone (la Régie A), qui est le petit frère de la régie provinciale", souligne M. Doucet. La semaine dernière dans nos pages, le président-directeur général de la Régie B, Donald Peters, avouait que la nouvelle structure ne permettra pas d’améliorer les services présentement offerts en français dans les hôpitaux qui se trouvent sur le territoire de la Régie B. "Nous allons encore faire face aux mêmes défis. Nous n’avons tout simplement pas assez de personnel bilingue", admettait-il. marie-helene.eddie@acadienouvelle.com
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