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Neuf ans de turbulences
Mise à jour le mardi 19 août 2008
Par: AP
ISLAMABAD - Les neuf années de pouvoir de Pervez Musharraf ont été une ère de fortes turbulences pour le Pakistan. Arrivé aux commandes via un putsch en 1999, nommé deux fois à la présidence sans pour autant renoncer à sa casquette de chef des armées avant 2007, l'homme fort d'Islamabad a entraîné un pays réticent dans la guerre américaine contre le terrorisme avant d'être poussé vers la sortie par ses détracteurs.Sa chute aura été aussi longue que son arrivée au pouvoir avait été rapide. Acculé par ses rivaux vainqueurs des législatives en février, confronté à l'humiliation d'une procédure de destitution, Musharraf a démissionné. Vétéran des forces spéciales nommé chef des armées par le premier ministre Nawaz Sharif, le général Musharraf lui ravit le pouvoir en 1999 lors d'un putsch de haut vol: Sharif avait annoncé son limogeage alors que Musharraf revenait sur Islamabad en avion, lui refusant l'autorisation de se poser au Pakistan. Mais au sol, les généraux fidèles à Musharraf prirent les armes et leur chef s'empara du pouvoir, promettant une "vraie" démocratie.Personne n'a jamais douté de sa volonté de stabilisation du pays ni de son rejet de l'extrémisme islamiste. On lui doit aussi la relance du dialogue avec l'Inde, éloignant le spectre de la guerre entre les deux puissances nucléaires. Mais son peu de goût pour la démocratie, sa manière de s'accrocher au pouvoir, son alliance étroite avec Washington et l'explosion islamiste qui s'en suivit, et l'imposition de l'état d'urgence en 2007, lui auront fait perdre toute crédibilité. En privé, ce musulman modéré a la réputation d'être un bon vivant, aimant la bonne chère, les vêtements raffinés, la musique pakistanaise et la poésie ourdoue. Il s'est attiré les foudres islamistes pour s'être fait photographier avec ses chiens, animal impur en Islam.
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