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Ingrid Betancourt rejette l'hypothèse d'une rançon
Mise à jour le samedi 05 juillet 2008
Par: Associated Press
PARIS - Ingrid Betancourt a rejeté, hier, l'hypothèse selon laquelle une rançon de quelque 20 millions $ aurait été versée aux FARC en échange de sa libération et de 14 autres otages.Lors d'une conférence de presse à Paris, l'ex-otage a estimé que la réaction des protagonistes de l'opération, et notamment celle de son geôlier, le commandant "Enrique", au moment de sa neutralisation, ne pouvait être factice. "J'ai dans la mémoire l'impression que m'a fait le geste que m'a fait cet homme accroupi par terre, les yeux bandés, les mains dans le dos, poings et pieds liés", a-t-elle déclaré. "Je ne pense pas que quelqu'un qui ait pu recevoir une rançon puisse avoir une expression comme celle-là"."Franchement, honnêtement, dans mon coeur, je ne pense pas qu'on puisse me duper facilement. Je ne pense pas que ce que j'ai vu soit une mise en scène. Il y avait un degré de tension", a-t-elle ajouté. Selon la Radio suisse romande, citant une "source fiable", Ingrid Betancourt et les 14 autres otages des FARC n'auraient pas été libérés au cours d'une action militaire, mais grâce à une "opération de retournement et d'infiltration de leurs gardiens", dans le cadre d'une transaction de "quelque vingt millions de dollars". À ces supputations, Ingrid Betancourt a opposé la réaction au moment du sauvetage des otages et des soldats de l'armée colombienne qui ont mené l'opération. "C'était tellement stressant que mes camarades ont résisté. Ils ne voulaient pas monter dans l'hélicoptère. Nous avions la sensation totale qu'on était pris dans un piège lorsque l'hélicoptère a décollé et que les deux commandants ont été neutralisés. La joie de nous tous et surtout la joie de ceux qui avaient commandé l'opération n'était pas fictive", a-t-elle affirmé. "Si ces personnes là avaient su d'avance que l'opération était un succès parce que les gens n'allaient pas opposer de résistance et que donc leur vie ne courait pas de risque, l'intensité du bonheur n'aurait pas été la même", a-t-elle conclu. Visite du pape Le Vatican a annoncé, hier, que le pape Benoît XVI recevrait Ingrid Betancourt dès que son emploi du temps le lui permettrait. Selon le Vatican, le souverain pontife a adressé à la Franco-Colombienne un télégramme pour lui exprimer sa joie dès qu'il a appris la nouvelle de sa libération. Le message papal précise que le "désir noble et compréhensible" d'être reçu en audience par le pape, exprimé par Ingrid Betancourt, sera exaucé dans les plus brefs délais. Benoît XVI a récemment rejoint sa résidence d'été de Castel Gandolfo, près de Rome, et prévoit de se rendre en Australie le 12 juillet. Le pape avait reçu au Vatican, en février, Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt.
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