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Commémorationset célébrations
Mise à jour le samedi 05 juillet 2008
Par: serge comeau
Le mois de juillet est riche en célébrations civiles. En l’espace de quelques jours, nous célébrons la terre de nos aïeux et sommes témoins des festivités de nos plus proches voisins: alors que nous avons célébré la fête du Canada le premier juillet, les Québécois ont souligné avec éclat le 400e anniversaire de leur capitale le 3 juillet, et hier nos voisins américains ont célébré l’Indépendance américaine.Cette année, c’est indéniablement Québec qui fait briller les plus beaux feux d’artifice pour la fête. Mais ces célébrations du 400e ne peuvent se réduire à quelques pétards (aussi beaux soient-ils) qu’on fait éclater dans le ciel! Je suis d’accord avec des historiens du Québec qui déplorent que le programme des fêtes du 400e lorgne davantage du côté des arts de la scène. Un anniversaire, c’est aussi l’occasion de remonter le cours du temps pour faire mémoire des exploits de nos devanciers. De nos jours, hélas, les commémorations historiques sont parfois mal interprétées puisqu’elles sont vues comme la complaisance dans la nostalgie d’un passé révolu. Face aux événements du passé, deux attitudes sont possibles. Nous pouvons les utiliser pour déplorer la situation présente, désirant un impossible retour en arrière. Ou bien nous pouvons nous rappeler que les victoires de nos devanciers sont possibles encore aujourd’hui. Ainsi, la méditation du passé devient un tremplin pour affronter le présent et croire à l’avenir.C’est pour cette dernière raison que j’aime les commémorations. Que ce soit celle de l’arrivée de Champlain à Québec le 3 juillet, celle de la prise de la Bastille le 14 juillet, ou encore celle de la déportation des Acadiens le 28 juillet, ces événements nous permettent de regarder ce que nos ancêtres ont fait auparavant pour discerner ce que nous avons à faire aujourd’hui. Lors des commémorations, nous puisons le courage et l’espérance pour vivre le moment présent, convaincus que le plus beau demeure encore en avant de nous. Aujourd’hui, on semble opposer commémoration et célébration. Or, une véritable commémoration ne dispense pas de faire la fête parce qu’elle anticipe un avenir meilleur dont la fête est un avant-goût. Les chrétiens devraient pouvoir être des modèles de commémoration festive, eux qui font mémoire à chaque eucharistie du mystère pascal. Ils sont maîtres en commémoration. C’est même très judéo-chrétien de faire la fête! La fête fait partie du code génétique chrétien. Depuis les origines, le christianisme a divisé l’année en temps ordinaire et temps festif. Cette alternance entre les moments de privation et de jeûne et les moments de réjouissance est au coeur du temps qui passe. Il faut aller dans un monastère pour se rendre compte que toutes les occasions de fêter sont bonnes: la fête du fondateur, les fêtes mariales, les fêtes des apôtres. Tout est bon pour faire décanter le bon vin! La déchristianisation de la société n’est peut-être pas étrangère à la difficulté à faire la fête de nos jours. De plus, dans un monde axé sur le travail et la productivité, le temps mis pour faire la fête semble être du temps perdu. Il ne faut surtout pas que la fête empiète sur le temps du travail. On commence le vendredi soir et le dimanche, tout doit s’achever parce qu’il faut rentrer au bureau le lundi matin. On est loin des fêtes de famille et des mariages qui pouvaient durer une semaine. À la ville de Québec et à nous aussi qui nous préparons à commémorer la déportation et la fête nationale, je souhaite un temps de festivités estivales qui puisse nous relier aux événements fondateurs de notre histoire. Une fête qui nous propulse vers un avenir prometteur. Une fête pour vivre le moment présent. Bonne festivité! Quelques événements récents... Vu le moulin à images de Robert Lepage à l’espace 400e dans le Vieux-Port de Québec. L’histoire épique de la ville est mise en images de façon originale. Une façon ingénieuse de faire revivre l’histoire de la ville. Fredonné la chanson-thème du 400e de Québec. Danny Boudreau chante que Québec a l’ambition d’un continent. Pour réhabiliter cette ambition, il faut plus que des spectacles sur les plaines. Il faut des commémorations qui réveillent nos forces vives. Entendu la volée de cloches pour commémorer le 400e anniversaire de la ville de Québec. En Acadie, ce sont les églises qui peuvent faire résonner les cloches. En s’unissant à celles du Québec, elles nous ont rappelé notre proximité spirituelle avec Québec qui était le lieu de notre siège épiscopal au moment de la création du diocèse de Québec au milieu du 17e siècle. Ré-entendu le "Je me souviens" du Québec, cette fois dans la bouche du premier ministre français. Depuis quelques semaines, tous martèlent cette devise. On devrait maintenant passer aux commémorations pour que la parole ne soit pas qu’un feu d’artifice.
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