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Karadzic veut assurer lui-même sa défense
Mise à jour le jeudi 24 juillet 2008
Par: Associated Press
BELGRADE - Radovan Karadzic pourrait être livré dès ce week-end, ou au début de la semaine prochaine, au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, a annoncé, hier, un responsable judiciaire serbe. Selon son avocat, l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie veut assurer sa propre défense à son procès à La Haye (Pays-Bas).Sous le coup de onze chefs d'accusation notamment pour génocide et crimes contre l'humanité, Karadzic est considéré comme le cerveau des pires massacres commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, et notamment de celui de quelque 8000 musulmans en 1995 à Srebrenica. Après une traque de 13 ans, il a été interpellé, lundi, près de Belgrade, selon les autorités. Sa défense affirme que l'opération a eu lieu le vendredi précédent. Le porte-parole du procureur chargé des crimes de guerre Vladimir Vukcevic, a estimé que le prisonnier pourrait être extradé "lundi ou mardi", voire "plus tôt". "Nous ne pouvons pas dire précisément", a-t-il expliqué, tandis qu'aux Pays-Bas, Olga Karvan, porte-parole du TPIY, soulignait que la procédure serbe devait suivre son cours.L'avocat du suspect a déjà annoncé qu'il ferait appel de l'extradition vendredi, au terme du délai légal de 72 heures, afin d'empêcher les autorités de procéder à un transfert immédiat. Me Sveta Vujacic a ajouté que Radovan Karadzic s'entourerait d'une équipe de conseillers juridiques "pour l'aider" mais qu'"il se défendrait lui-même, comme Vojislav Seselj le fait avec brio". Vojislav Seselj, fondateur de l'ultranationaliste Parti radical serbe (SRS), assure en effet actuellement sa défense, mais il possède une formation juridique et est connu pour insulter les juges, les avocats et témoins pendant les audiences au TPIY. Karadzic "est impatient de comparaître au tribunal", a assuré Me Vujacic, "il veut prouver son innocence par la vérité". "Il est fier de ce qu'il a fait et a sauvé le peuple serbe du massacre par les musulmans et les Croates", a ajouté le conseil. Ses propos rappellent la ligne de défense de Slobodan Milosevic, mort en 2006, quatre ans après le début de son procès à La Haye. L'ancien président yougoslave avait lui aussi obtenu d'assurer sa propre défense, rejetant toutes les accusations comme autant de "mensonges, de violations de la loi et de présentations inexactes de l'histoire". "Les Serbes n'ont fait que récupérer ce que les musulmans et Croates leur avaient pris", avait-il lancé en septembre 2004. Comme beaucoup de Serbes, il niait toute légitimité au tribunal onusien, accusé d'être partial. La plus grande partie des 161 inculpés sont en effet des Serbes.
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