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Juan Manuel Quintana fait revivre la viole de gambe
Mise à jour le jeudi 24 juillet 2008
Par: Roy, Martin
LAMÈQUE - À l’âge de 14 ans, Juan Manuel Quintana a eu un coup de foudre. Ce n’était pas avec une fille. Ce n’était pas non plus avec un livre. C’est plutôt avec un instrument que l’on croyait disparu depuis longtemps, mais qui lentement refait surface: la viole de gambe.

Rien ne destinait Juan Manuel Quintana à devenir "gambiste", qualificatif utilisé pour parler de quelqu’un qui joue de la viole de gambe. Né à Buenos Aires, en Argentine, en 1972, le jeune Juan Manuel côtoyait de très loin la musique classique.

"Buenos Aires est une grande ville. Il y avait plusieurs concerts de musique classique en salles. Mais dans mon entourage, il n’y avait pas de musiciens à proprement dit", explique Juan Manuel Quintana au cours d’une entrevue téléphonique.

Le jeune homme s’initie d’abord à la musique grâce à la flûte à bec. Quelques années plus tard, le hasard de la vie le mettra en contact pour la première fois avec la viole de gambe.

"J’étais déjà très attiré par la musique ancienne. Lorsque j’ai rencontré un gambiste par pur hasard, j’ai tout de suite aimé le son de cet instrument. Il m’en a donc enseigné les rudiments pendant quelques mois", affirme M. Quintana.

À 19 ans, Juan Manuel Quintana part pour l’Europe, notamment en Suisse, afin de perfectionner sa formation musicale en viole de gambe. En 1995, il est nommé Lauréat Juventus, sous le haut patronage du Conseil de l’Europe et de l’Institut Claude Nicolas Ledoux. Sa carrière de gambiste prend son envol.

Un instrument "évocateur"

La viole de gambe est née en Espagne dans la moitié du XVe siècle. Il sera très vite exporté en Italie, où il devient alors un instrument de prédilection pour les nobles. Si certains le considèrent comme l’ancêtre du violoncelle, d’autres, comme Juan Manuel Quintana, estiment plutôt qu’il est en fait un dérivé du luth, étant donné le nombre de cordes (six) et l’accord (en quartes, avec une tierce au milieu).

"C’est un instrument tout à fait particulier. Il a beaucoup plus d’harmoniques que le violoncelle. Il est également plus flexible. La viole de gambe est un instrument très évocateur, très mélancolique. La sonorité est très intime, magnifique", souligne Juan Manuel Quintana.

Certains grands compositeurs, comme Bach ou Telemann, ont composé de la musique pour la viole de gambe. D’autres, moins connus, comme Marais, Forqueray ou Sainte-Colombe, reviennent tranquillement à la surface.

"Le répertoire de la viole de gambe est très riche, presque plus riche que celui du violoncelle. Je travaille beaucoup à débusquer ces oeuvres moins connues. C’est un travail de longue haleine", atteste Juan Manuel Quintana.

Le gambiste aura d’ailleurs l’occasion d’en faire découvrir quelques-unes au public, vendredi soir, à l’église de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, dans le cadre du Festival international de musique baroque de Lamèque. Soulignons que ce concert sera le premier du genre pour Juan Manuel Quintana au Canada.

En bref... Le Festival international de musique baroque de Lamèque s’ouvre, ce soir, avec le concert La musique des Rois maudits de l’Ensemble La Rota. Les détails de la programmation sont disponibles sur Internet (www.festivalbaroque.com)...

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