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I FURIOSI: la musique adoucit les moeurs
Mise à jour le jeudi 24 juillet 2008
Par: Martin Roy
LAMÈQUE - À les regarder, on croirait avoir affaire à un groupe heavy metal. Il n'en est rien. I FURIOSI pratique la musique baroque dans la plus pure tradition. S'ils ont décidé de se doter d'une image résolument contemporaine, c'est avant tout pour aller chercher des publics peu enclins à entendre de la musique classique.Et ça fonctionne. En dix ans, I FURIOSI a réussi à attirer à leurs concerts des adolescents, des adultes démunis, aux prises avec l'alcool ou la drogue. On peut facilement s'imaginer la scène, lorsque cet ensemble à l'allure marginale se présente: quelques chahuteurs dans la salle, des rires, quelques mots gras. Puis l'ensemble fait entendre ses premières notes. La salle se tait. Une ambiance de calme mélangée à de la fascination s'installe tranquillement dans l'assistance. C'est ce que vit I FURIOSI à chaque concert, selon la soprano du groupe, Gabrielle McLaughlin."Je pense que la plupart de nos spectateurs viennent d'abord pour les costumes, mais restent pour la musique. Ils s'aperçoivent vite qu'ils aiment cette musique, parfois davantage qu'ils ne l'auraient cru", affirme Gabrielle McLaughlin. Basé à Toronto, I FURIOSI s'est bâti avec le temps une bonne base de fans de différents milieux. "Nous sommes très proches de la communauté gaie de Toronto. Il nous arrive aussi de faire des concerts à l'occasion de marches pour le sida, ou pour d'autres manifestations à caractère social. Sur scène, nous ne nous prenons pas trop au sérieux. Souvent, nous nous costumons selon le thème que nous choisissons pour nos concerts", relate Gabrielle McLaughlin. Mais leur musique, celle que l'ensemble défend sur scène, reste baroque dans le sens classique du terme. Pas question de la travestir. Leur premier album, Defiled is my (middle) name, est un exemple de ce respect de la plus pure tradition baroque. Les quatre membres de I FURIOSI ont tous une formation musicale longue de plusieurs années. Certains ont déjà joué en compagnie d'autres musiciens classiques, ou accompagné des chanteurs d'opéra sur scène. "Je pense que la musique baroque est la plus pure, la plus parfaite des musiques pour décrire ce qui se passe dans le monde", estime Gabrielle McLaughlin. Car pour la soprano, s'il y a un point en commun avec la population d'aujourd'hui et celle du passé, ce sont les émotions. Que l'on parle d'amour, de tristesse ou de colère, les pulsions de l'âme sont universelles et traversent le temps en demeurant les mêmes. "La musique baroque est tellement bien écrite. Avec elle, ça devient facile de faire des comparaisons avec la manière de parler d'amour à l'époque baroque, versus celle d'aujourd'hui. Mais le sentiment demeure le même", souligne Gabrielle McLaughlin. Parlant d'amour, I FURIOSI en réserve une bonne dose au public du Festival international de musique baroque de Lamèque, ce dimanche, dans le cadre du Brunch musical à la Salle Mathieu-Duguay. Au menu, des oeuvres de Dowland, de Couperin, de Haendel, de Tartini et de Rossi.
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