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Une fortune aux poubelles
Mise à jour le samedi 19 juillet 2008
Par: Fradette, Réal
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André Rancourt, directeur général d'Océan Nutrasciences, explique les possibilités qui se cachent derrière les restes d’une simple crevette. Photo : L'Acadie Nouvelle, Louis Légèr.
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SHIPPAGAN - Il n’est maintenant plus permis de parler de déchets de la mer. Il faudra remplacer ces mots par coproduits marins. C’est la même chose, mais il y a, en cette nouvelle expression, tout un potentiel à exploiter.Et ça commence dès maintenant, avec la venue d’une entreprise québécoise, Océan Nutrasciences, à l’intérieur de l’Institut de recherche sur les zones côtières (IRZC), à Shippagan. Cette compagnie, basée à Matane, développe, fabrique et commercialise des ingrédients et des produits finis pharmaceutiques dérivés de biomasses marines d’eau froide.En clair, elle prend les déchets de crevette, de hareng, de crabe et de concombre de mer, elle en extirpe les éléments bioactifs et les transforme en produits de santé naturels. Trois usines de transformation de la Péninsule acadienne se sont associées à Océan Nutrasciences. La Coopérative des pêcheurs de l’île Lamèque, les Produits Belle-Isle de Sainte-Marie-Saint-Raphael et les Pêcheries Gem de Saint-Simon fourniront la matière première et leurs connaissances aux fins de recherche et développement de nouveaux produits. Et cette matière ne manque pas. La moitié de toute la transformation des fruits de mer dans la région s’en va aux poubelles. Chaque année, les usines jettent 58 000 tonnes de déchets de poisson, crustacés et mollusques. André Rancourt, directeur général d’Océan Nutrasciences, affirme que le coproduit marin des trois usines associées sera d’abord séché avant d’être envoyé à Matane, où il sera transformé en produits pour consommation humaine ou animale. "Notre objectif est d’amener le maximum de coproduit de la Péninsule acadienne sur les marchés internationaux. À l’intérieur des 18 prochains mois, nous pensons pouvoir lancer de trois à six produits. Et dans trois ans, on pense en additionner de sept à huit autres", consent M. Rancourt. Il ajoute que le coproduit marin obtiendra sous peu plus de valeur sur le marché que le produit ordinaire consommé. De plus, ce procédé a une forte connotation écologique, en réduisant l’effort de pêche et en récupérant une forte portion du poisson auparavant vouée à la perte. Océan Nutrasciences a récemment développé un coproduit, à base de déchets de crevette, qui est actuellement testé à l’Institut de cardiologie de Montréal. Marcel Duguay, de la Coopérative des pêcheurs de l’île Lamèque, espère que cette collaboration donnera beaucoup de valeur ajoutée à la matière première que les trois usines fourniront. Il y a trois ans, leur usine de transformation de la crevette a trouvé, par accident, une huile potentiellement commerciale. Cette association avec l’IRZC et la compagnie québécoise devrait permettre de déboucher à quelque chose de plus concret. "Vous voulons développer des coproduits et en donner de la valeur. Nous sommes très surpris des propriétés qui existent dans nos déchets. Les chercheurs vont nous aider à les découvrir et à les exploiter. Pour nous, c’est d’en faire plus avec moins", indique-t-il. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a donné un coup de pouce à cette collaboration. Par l’entremise du Fonds de développement économique de la Péninsule acadienne, Fredericton a versé 100 000 $ en appui à cette recherche de pointe. Le ministre des Pêches, Rick Doucet, en a fait l’annonce, hier.
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