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La relève doit s’expatrier pour étudier
Mise à jour le samedi 19 juillet 2008
Par: Chaloux, Christian
GRAND-SAULT - L’accès à des études en agriculture est pratiquement impossible dans la province. Depuis 2006, les jeunes qui rêvent de faire carrière dans ce domaine n’ont d’autre choix que de faire leur valise, et de s’expatrier pour étudier.

Avant le retrait définitif des cours, l’aspirant fermier ou fermière avait le choix de fréquenter un des deux Collèges communautaires du Nouveau-Brunswick, qui offrait les cours dans les deux langues.

Du côté francophone, c’est le Centre d’excellence en sciences agricoles et biotechnologiques (CESAB), à Grand-Sault, qui enseignait l’agriculture.

La mort du programme a été annoncée en 2003, puis il est ressuscité en 2005, avant d’être de nouveau enterré après un an d’enseignement.

"Le programme a recommencé en 2005. Il n’y avait que deux étudiants. Les gens avaient peut-être peur de s’inscrire, car c’était un programme avant-gardiste. On l’avait monté de sorte que chacun des cours pouvait être donné de manière individuelle. C’était possible de suivre quelques cours seulement, pour le grand public par exemple", a expliqué la gérante du CESAB, Marie-France Bérubé.

Le manque d’étudiants est causé par plusieurs facteurs. Les jeunes n’ont plus les moyens de s’acheter une ferme.

"Une des choses qui est difficile pour la relève, ce sont les coûts astronomiques pour démarrer une entreprise agricole. Autrefois, les fermes se passaient de génération en génération. Les parents doivent maintenant vendre leur ferme et les enfants n’ont pas les moyens d’acheter les installations. Ou bien, ils ne sont plus intéressés à ce choix de carrière", a constaté Mme Bérubé.

La succession des fermes familiales, les familles qui élèvent de moins en moins d’enfants et la société des loisirs sont d’autres ingrédients qui éloignent la relève agricole.

"Les familles sont moins nombreuses. Quand ils étaient dix enfants à la maison, il y en avait toujours un ou deux qui étaient intéressés à reprendre la ferme. J’ai l’impression que la génération d’aujourd’hui ne veut plus de cette vie-là. Les jeunes veulent (une carrière) où ils auront des loisirs et du temps pour leur famille. Ils ne veulent pas vivre ce que leurs parents ont vécu, soit travailler tout le temps", a dit Marie-France Bérubé.

Le CESAB continue d’offrir des formations ponctuelles en agriculture. Le grand public ou des agriculteurs assistent à ces cours. On aborde des sujets comme l’utilisation sécuritaire de pesticides ou la gestion écologique.

"Ce n’est pas un programme complet qui mène à une certification, c’est plutôt de la formation continue. Ce sont des choses qui sont en lien avec l’agriculture qu’on offre au grand public", a dit Marie-France Bérubé.

La gérante du CESAB croit qu’il y aura à nouveau des cours d’agriculture disponibles en province un jour. À l’heure actuelle, les étudiants fréquentent les classes québécoises ou néo-écossaises.

En bref... Lors du Sommet de l’agriculture tenu en avril à Fredericton, l’Alliance agricole a présenté ses recommandations préliminaires pour revitaliser l’enseignement de l’agriculture. Le regroupement veut axer la formation sur la pratique. Le nouveau programme doit être présenté en format coopératif, où les étudiants iraient apprendre sur le plancher des vaches.

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