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Impossible de partir à zéro
Mise à jour le samedi 19 juillet 2008
Par: Christian Chaloux
Murray Furlong (en médaillon) est le propriétaire de la ferme Pajolyn de Saint-Quentin. Il a la chance de compter sur ses deux fils, Jocelyn et Patrice (notre photo à la une), qui pourraient un jour lui succéder à la tête de la ferme familiale. Photo : L'Acadie Nouvelle, Christian Chaloux.
SAINT-QUENTIN - Deux jeunes hommes du Restigouche-Ouest entendent bien devenir des agriculteurs du XXIe siècle, et contribuer au succès de la ferme laitière Pajolyn.

Devenir agriculteur et éviter les créanciers est l’obstacle principal pour les jeunes qui rêvent d’une carrière dans l’étable et les champs. Si vous êtes fils d’agriculteur, dont le père a lancé l’entreprise agricole, ça peut aider à se partir en affaires, surtout si on achète la terre à rabais.

Les deux fils de Murray Furlong, de la ferme Pajolyn de Saint-Quentin, croient bien que l’heure venue, d’ici une décennie, ils vont racheter leur père et poursuivre l’expansion de la ferme laitière. Jocelyn Furlong a 18 ans et son frère Patrice a 20 ans.

Les deux fils "ont encore dix ans pour y réfléchir", a rigolé M. Furlong, père de quatre enfants, dont une des filles a marié un agriculteur du Québec.

La diversification dans le travail agricole est le critère numéro un du choix de carrière des jeunes hommes. La machinerie, les animaux et la culture dans les champs sont des arguments qui incitent les deux frères à demeurer sur la terre. En plus d’être leur propre patron.

Ils ont choisi d’autres formations que l’agriculture, tout en ayant des métiers utiles à la ferme. Et s’il y a des changements au cours des prochaines années, ils ont déjà leur plan B. Ils ont opté pour des études postsecondaires en mécanique agricole et en soudure.

"Au départ, je n’étais pas sûr de vouloir continuer dans la ferme. C’est pour ça que j’ai suivi un cours de soudure. Mais quand on regarde ça avec le recul, on voit les avantages d’avoir un travail varié sur la ferme", a expliqué Patrice Furlong.

"Ce sont des cours pour nous aider ici, et si jamais ça ne marche pas avec la ferme, nous avons une porte de sortie", a-t-il ajouté.

La rentabilité d’une entreprise agricole ne les ralentit pas. Comme ils l’ont répété, ce ne sont que les factures qui ont des gros chiffres. Et les revenus suivent, mais sortent aussi vite. C’est ce qui reste au bout qui compte. Mais ils savent que sans leur père, ils ne pourraient pas bâtir une ferme à partir de zéro.

"À zéro, avec rien du tout? Impossible. Oublie ça." Même avec ses connaissances, Patrice Furlong sait qu’aucun créancier ne lui accordera sa confiance.

Son frère est d’accord.

"Il ne faut pas trop s’attarder à ces gros chiffres, sinon, on peut se rendre malade. Il y a des gens qui ne sont pas capable de jouer dans ces chiffres-là", a ajouté Jocelyn Furlong.

Murray Furlong a démarré sa ferme avec un associé avant de se séparer après 23 ans de carrière commune.

Il a emménagé sur la moitié des terres avec 50 % du troupeau de vaches en 2001. Il a construit des bâtiments et a racheté de la machinerie agricole. Les deux associés ont décidé de séparer la ferme pour préparer leurs enfants à prendre la relève.

"Dans le fond, c’est lui qui a fait toute la job. Il a passé au travers de tout ça et nous, on aura juste le roulement à faire. Ce ne sera pas trop dur", ont constaté les frères Furlong.

christian.chaloux@acadienouvelle.com

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