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Uranium, Obama, Belle-Baie!
Mise à jour le mardi 10 juin 2008
Par: Jean-Marie Nadeau
Non à l’uranium. Le mouvement contre la prospection de l’uranium dans une perspective d’ouvrir plus tard des mines prend de plus en plus d’ampleur. Les deux réunions d’information organisées deux ou trois ans trop tard par le ministère, et qui se sont tenues la semaine dernière à Fredericton et à Moncton, ont donné une idée de l’ampleur de ce mouvement... il est monstre, important, et rassembleur, tant de jeunes que de plus vieux. Non à l’uranium, le message est clair!Les pauvres fonctionnaires de service ne pouvaient répondre que ce que la loi sur les mines de 1987 leur dicte de dire. Ce qui est alarmant, c’est le nombre de citoyens qui se plaignent que les entrepreneurs en prospection semblent se comporter cavalièrement, sans toujours respecter la procédure d’usage. Toutefois, ces réunions d’information ont permis de diffuser le fait qu’il y a un commissaire aux mines auprès duquel on peut acheminer nos griefs: bombardez-le de plaintes! En fait, le problème de fond est le suivant: le gouvernement Graham, peu importe les craintes légitimes des citoyens face à l’uranium, fait le choix de l’argent potentiel au détriment de la santé et contre la volonté populaire. Ce gouvernement préfère privilégier la grande industrie à la démocratie, car comme d’autres régimes à tendance totalitaire, il est convaincu de posséder la vérité, alors que les citoyens sont pour eux des empêcheurs de tourner en rond.Le pire dans tout cela, c’est que ce gouvernement est convaincu de façon machiavélique que toutes les contestations d’aujourd’hui - que ce soit en santé, en immersion totale, dans le dossier de l’uranium ou autres - sont des contestations qui vont rapidement s’épuiser et s’effriter. Il est à se demander si le gouvernement n’a pas un peu raison là-dessus, et c’est ce qui est désolant. Tout ce que l’on peut espérer, c’est que la population du Nouveau-Brunswick surmonte sa déprime et son écoeurement face au gouvernement grâce au cumul des dossiers négatifs, et trouve une façon d’assurer une durée à leurs contestations. Il manque un véhicule politique rassembleur pour porter l’ensemble de ces revendications. Le NPD et le Parti vert semblent encore incapables de relever ces défis pour le moment. Il faut souhaiter qu’un tel véhicule politique soit établi rapidement, avant que cette grogne populaire se manifeste à l’européenne dans la rue, quoique... On pourrait aussi prendre pour modèle la Nouvelle-Écosse, où le NPD est en avance dans les sondages depuis un an, mais pas encore au pouvoir... et qui a déjà dit non à l’uranium. Obama On a été nombreux à avoir repéré Barack Obama plus de quatre ans passés, quand il a pris la parole à la convention démocrate de Chicago. Il est charismatique, accompagné de contenus, d’un message et d’une vision bien sentie. Plusieurs personnes craignent qu’il ne soit qu’une coquille vide comme a pu l’être André Boisclair pour le PQ, ou même Stockwell Day pour l’ancienne Alliance. Monsieur Obama semble plutôt faire partie de cette race de politiciens qui inspire, qui rassemble, qui se préoccupe sincèrement du sort collectif et individuel de la population... et dont on est tellement en manque aujourd’hui dans le monde. Il est porteur d’espoir et d’une vision humanitaire. Jumelé à la vice-présidence à madame Clinton, on pourra dire comme, disait le groupe 1755, "Le monde va bien changer", et ce monde a vraiment besoin d’une bonne cure de justice sociale, de solidarité, de paix. Pendant que les États-Unis semblent faire un virage à gauche, en souhaitant avec les démocrates se doter d’un programme universel d’assurance-maladie ou encore en faisant de la lutte à la pauvreté une priorité, on se retrouve au Nouveau-Brunswick avec un gouvernement libéral plus conservateur que ce qui se fait de conservateur, qui prône une politique fiscale pour les plus riches et les grandes corporations. Ohé, les libéraux! Bush s’en va, Obama arrive! Quant à faire du mimétisme américain, pourquoi ne pas mieux vous timer avec cette mouvance américaine, surtout qu’Obama va mettre en place de véritables politiques sociales à la manière libérale d’antan, soit à la Trudeau ou à la Robichaud. Belle-Baie Enfin, un vrai feuilleton acadien à la télévision. Il est vrai que certains dénigreurs et sceptiques ont commencé à recevoir Belle-Baie de façon négative, puisqu’il n’y avait supposément pas assez de rôles principaux acadiens, par exemple. Et c’est en partie vrai. Mais il me semble que tout le monde a été confondu par la qualité du scénario, la beauté des scènes de chez nous, la modernité des thèmes abordés (lutte pour l’environnement, l’exode rural, l’homosexualité...), le jeu juste des acteurs... Parfois le rythme était un peu lent à mon goût au début, mais on peut dire que ce feuilleton a trouvé une belle vitesse de croisière. La stratégie d’embaucher un peu plus d’acteurs québécois, dans un premier temps, a probablement été la bonne. Belle-Baie s’est fait une niche à la télévision nationale. Et maintenant, de plus en plus d’acteurs acadiens y trouveront pleinement leur place dans la suite de l’an prochain, qui se tourne actuellement. Enfin, une image moderne de qualité de l’Acadie à la "tivi": bravo Renée Blanchar et Cécile Chevrier, bravo à l’équipe d’actrices et d’acteurs d’ici et du Québec, bravo aux équipes techniques... encore! Encore!
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