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Une autre année difficile
Mise à jour le vendredi 09 mai 2008
Par: Jean Saint-Cyr
La saison 2008 s'annonce déjà difficile dans l'industrie des pêches. La nature de ces difficultés varie. Une variété de difficultés émergent d'éléments sur lesquels ni l'industrie ni la classe politique n'ont de contrôle. Par contre, certaines difficultés qui affligent l'industrie pourraient se résoudre si certains intervenants manifestaient juste un brin de volonté pour les régler.Déjà l'an dernier, la remontée graduelle du dollar sur le marché monétaire exerçait une pression à la baisse sur la valeur de nos exportations des produits de la pêche. Si l'an dernier les acheteurs pouvaient spéculer que la remontée du dollar ne durerait pas et, par conséquent, que peut-être le prix de nos produits retrouverait son niveau habituel, cette année il n'y a pas d'équivoque. Tant aux États-Unis qu'en Europe, le dollar canadien est plus fort. Comme toutes les industries exportatrices, c'est une contrainte importante. L'inflation galopante du prix du carburant affecte aussi l'ensemble de l'industrie. À ce chapitre, les crevettiers du Nouveau-Brunswick sont les plus durement frappés parce que c'est la flottille basée le plus loin des fonds des pêches qu'elle exploite. Les autres flottilles et le transport de nos exportations vers les marchés sont aussi affectés par le prix du pétrole.La flottille de crevettiers devrait normalement se réjouir de l'excellente santé des stocks de crevettes en Atlantique, mais l'abondance de la crevette ne s'est pas traduite par l'affluence parce que les prix ont fléchi tant dus à l'offre très forte sur les marchés qu'à la force du dollar canadien. Évidemment, on ne contrôle pas la force du dollar ou le prix du pétrole au Nouveau-Brunswick. Les intervenants sont contraints à s'ajuster. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a déployé des moyens pour tenter de s'attaquer à des difficultés sur lesquelles l'industrie des pêches de la province peut agir. Comme il arrive souvent à l'issue de rencontres de concertation, certains intervenants entretenaient l'espoir que des problèmes élémentaires pourraient se régler: la préparation de la saison de pêche, l'engorgement des débarquements de crabe en début de saison, la vente des débarquements hors de la province qui diminue le temps de travail déjà trop court dans les usines d'ici, le déroulement rapide de la saison. Les raisons pour justifier une annonce plus hâtive du plan de pêche du crabe ne sont pas seulement nombreuses, elles sont bien documentées. Pourtant, tout parti politique confondu, il semble bien que le ministre fédéral des Pêches n'arrive jamais à se décider, dans un délai raisonnable, sur les mesures de gestion de la saison de pêche. Puisque les ministres passent, mais que le problème reste, comment expliquer ces délais de décision? Un processus de décision trop complexe? Une bataille de tranchées chronique? Les deux? On demande aussi au ministre fédéral de régler le rythme des débarquements et leur répartition géographique. Même ceux qui lui demandent de régler ce problème savent très bien que ceux qui peuvent régler le problème prendront la mer samedi matin. Pour des raisons qui ne semblent acceptables qu'à leurs yeux, année après année depuis bientôt une décennie, certains s'obstinent à assujettir les intervenants à leurs besoins, sans égard aux conséquences assumées par la communauté et le reste de l'industrie. C'est leur droit et leur choix, avec les difficultés que cela entraîne dans leur relation avec leurs concitoyens. Puisque les ministres passent, mais que le problème reste, comment expliquer ces délais de décision?
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