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Les sinistrés de chez nous
Mise à jour le vendredi 09 mai 2008
Parce que nous vivons dans un pays où coulent le lait et le miel, protégés des séismes majeurs et de la guerre, nous sommes habitués à observer de loin les sinistres qui s'abattent sur nos frères et nos soeurs d'ailleurs. Cela nous émeut, certes, mais quand ça n'arrive qu'aux autres, à des visages sans nom, sur des continents éloignés, cela perturbe relativement peu notre quotidien.Et notre coeur, assombri par les images qui nous en parviennent, s'en détourne vite pour retourner à ses préoccupations coutumières. Mais aujourd'hui, ce sont les nôtres qui sont aux prises avec un désastre, une inondation majeure qui s'étend sur toute la longueur de la rivière Saint-Jean, depuis ses affluents au Maine et au Québec jusqu'à la baie de Fundy. Tout le monde en parle.Les clameurs se font beaucoup plus fortes que dans le cas de sinistres à l'étranger, et c'est normal. Mais ce qui me surprend, c'est que les médias rapportent si peu de témoignages de solidarité de la part des autres citoyens de la province. Le monde associatif et les organismes humanitaires ont-ils accompli des gestes d'encouragement à l'endroit des communautés et des familles éprouvées? Ont-ils offert des vivres et des services d'urgence à la population évacuée, des services d'appui moral et psychologique de professionnels? Ont-ils mis en place un réseau de témoignages de sympathie et de ressourcement? Si oui, pourquoi n'en entendon pas parler? Sinon, nous avons un examen de conscience à faire, tout et chacun, pour vaincre notre individualisme et nous ouvrir au malheur des autres - au malheur des nôtres, de surcroît - suffisamment pour passer à l'action et faire les gestes que l'on peut. Une sympathie qui ne se traduit pas en gestes concrets s'avère une bien piètre consolation pour les sinistrés. CYRILLE SIPPLEY Saint-Louis-de-Kent
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