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Les habitudes de travail du Dr Menon auraient été tolérées pendant deux ans
Mise à jour le vendredi 09 mai 2008
Par: Ricard, Philippe
MONCTON - Les dirigeants de la Régie régionale de la santé de Miramichi étaient au courant dès l’année 2002 des longs délais pour fermer certains dossiers, ainsi que de la remise de rapports incomplets par le pathologiste Rajgopal Menon.Le vice-président de l’ex-Régie régionale de la Miramichi, Jeff Carter, a témoigné devant la Commission d’enquête sur les services de pathologie à la Régie de Miramichi, qui avait lieu pour une quatrième journée hier, à l’Université de Moncton, campus de Moncton. M. Carter, qui a occupé plusieurs postes au sein de la Régie de Miramichi au cours des années, était le directeur de la gestion du risque, lorsque les premiers soubresauts de l’affaire ont fait surface, en 2002.En janvier 2002, un rapport comparatif est réalisé par Vicky Murray, analyste des dossiers médicaux. Selon Jeff Carter, cette dernière aurait effectué ce rapport "parce qu’il y avait des problèmes concernant les délais d’exécution." Ce rapport signale que le Dr Menon ne complète que 19 % de ses dossiers en trois jours, alors que son collègue, le Dr Dariusz Strzelczak, en terminait 75 % pendant la même période. En janvier 2003, un dossier en particulier retient l’attention de Jeff Carter. Il se serait écoulé 81 jours entre la réception d’un prélèvement et la fermeture d’un dossier par le Dr Menon. À ce moment, aucun chirurgien ou médecin de famille ne porte plainte pour des retards et aucune mesure disciplinaire n’est prise contre le Dr Menon. À partir d’avril 2003, ce sont les rapports incomplets du pathologiste qui nécessiteront l’intervention de Jeff Carter. Vicky Murray avait alors remarqué que le Dr Menon signait ses rapports alors qu’ils ne contenaient pas toute l’information nécessaire. "Je ne savais pas si c’était préoccupant ou non. Mais d’autres pathologistes, ainsi que Sandra Rooney (de la Régie Sud-Est), me disaient que ce n’était pas la norme et que ce ne serait pas accepté dans sa région", a expliqué M. Carter, qui poursuivra son témoignage ce matin. Malgré des rappels fréquents effectués par courriel (plus d’une centaine), le pathologiste continue de remettre des rapports incomplets jusqu’au début de 2004. Pourtant, le 29 mai 2003, Jeff Carter envoie un courriel au président-directeur général de la Régie de Miramichi, Gary Foley. "Nous sommes donc au courant des omissions et cela nécessite une diligence accrue. Ne pas y apporter attention égalerait à une négligence de notre part", a-t-il écrit. "Vous dites que vous êtes préoccupé, même si vous ne savez pas l’importance que comportent les dossiers incomplets. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi cela a duré deux ou trois ans?", a demandé le commissaire, le juge Paul S. Creaghan. "Je ne faisais pas partie des discussions sur la problématique. Je transférais l’information à mes supérieurs", a rétorqué Jeff Carter. En avril 2004, Rajgopal Menon est remercié de ses services en tant que chef des services de pathologie. L’ancien pathologiste aurait fait des erreurs de diagnostic et des analyses incomplètes concernant des cas de cancers du sein et de la prostate, selon une étude indépendante de 227 biopsies. La situation entraîne la révision de plus de 24 000 cas de patients diagnostiqués par le docteur Menon, lorsqu’il pratiquait à Miramichi, de 1995 à février 2007. Ceci inclut une centaine de cas de la région d’Edmundston pour des biopsies prélevées en 2002.
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