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L'ONU entame un pont aérien avec la Birmanie
Mise à jour le vendredi 09 mai 2008
RANGOON, BIRMANIE - Près d'une semaine après le cyclone qui a fait au moins quelque 23 000 morts et 42 000 disparus, la junte birmane a enfin permis, hier, à deux avions des Nations Unies de se poser à Rangoon pour apporter une aide huma nitaire d'urgence. Mais les généraux rechignent toujours à laisser entrer des travailleurs humanitaires.Deux avions transportant notamment des biscuits hautement énergétiques et des kits médicaux ont atterri dans la capitale économique birmane et deux autres devaient suivre, selon des responsables onusiens. Les appareils attendaient depuis deux jours pour décoller. Même sa plus proche alliée, la Chine, a exhorté, hier, la junte birmane à "coopérer avec la communauté internationale". Pékin, qui a déjà promis 1 million $ d'aide à la Birmanie, va ajouter 3,1 millions $.Selon les autorités, le cyclone Nargis du 3 mai a fait au moins 22 997 morts et 42 019 disparus. Mais la chargée d'affaires américaine en Birmanie, Shari Villarosa, a estimé que le bilan pourrait dépasser les 100 000 morts étant donné le manque de nourriture, d'eau potable et les conditions d'hygiène déplorables. L'Organisation mondiale pour la santé (OMS) a fait état de cas de paludisme et craint des épidémies. L'UNICEF envoie trois millions de comprimés de purification de l'eau. Des responsables onusiens estiment que la catastrophe pourrait avoir fait un million de sans-abri. L'ONU a débloqué 10 millions $ pour les victimes de Nargis. Mais malgré les inondations, la faim et la maladie, le pays reste très fermé aux étrangers. Selon un porte-parole de l'ONU à Bangkok, Richard Horsey, 30 à 40 demandes de visa ont été déposées par les agences onusiennes et des organisations non gouvernementales. Le régime isolé n'a pas non plus répondu aux offres d'aide des États-Unis, qui disposent de navires militaires prêts à intervenir dans le golfe de Siam et proposent de dépêcher des avions. Le premier ministre thaïlandais, Samak Sundaravej, a offert ses offices de médiateur. Mais la méfiance prévaut dans les deux sens. Selon Amnesty International, certains donateurs attendent des garanties contre le détournement de l'aide par la junte et le directeur du PAM en Asie du Sud-est, Anthony Banbury, a reconnu que l'ONU partageait ces préoccupations. Dans le delta de l'Irrawaddy, la région le plus durement frappée, des villages entiers se trouvent toujours sous les eaux, des cadavres gonflés s'accrochent dans les mangroves. Des rescapés récupèrent des vêtements sur les morts, ou cherche ses proches. À Rangoon, le toit de la résidence de l'opposante, Aung San Suu Kyi, a été arraché. La lauréate du prix Nobel de la paix s'éclaire à la bougie, selon des voisins. Des quantités limitées d'aide sont parvenues grâce à des navires et avions asiatiques qui sont porteurs de médicaments, de bougies, de nouilles instantanées et autres produits. La télévision d'État a aussi montré le premier ministre, le général Thein Sein, distribuant des colis alimentaires, tandis que des soldats larguaient des paquets sur des village. Mais près de Rangoon, des villageois entassés dans un monastère, se disaient abandonnés par le gouvernement.(AP)
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