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Femmes et foetus: pas le même combat?
Mise à jour le vendredi 09 mai 2008
La chronique de Chantal Hébert concernant le projet de loi C-484 (Enfants à naître victimes de violence) porte à mûre réflexion. Ses propos reflètent bien ceux du Conseil consultatif sur la Condition de la Femme. Sa présidente s'indignait du fait que le Parlement veuille punir des crétins pour le crime de tuer ou de blesser un foetus durant une attaque meurtrière contre sa mère. Voici quelques-uns de ses propos, en réaction à la deuxième lecture de cette loi: "Les familles de quelques femmes enceintes victimes de meurtre veulent un châtiment particulier pour la perte d'un enfant en attente... Le projet de loi serait en contradiction avec la décision de la Cour suprême affirmant qu'une femme enceinte demeure une seule personne, non deux." Quelle lamentable attitude de la part d'une agence gouvernementale créée pour protéger les femmes et assurer leur dignité - incluant celles qui veulent absolument mener leur grossesse à terme!

Le gros problème? "Le projet de loi accorderait une personnalité aux foetus; ce qui entrerait en conflit avec la déclaration du Code criminel stipulant que les foetus ne deviennent des personnes qu'à la naissance."

L'ironie doit certainement échapper au Conseil consultatif. Ne réalise-t-il pas que la loi canadienne a déjà sanctionné le statut de non-personnalité imposé aux femmes? Jusqu'à 1929, la loi décrétait un état de "non-personnes" pour les femmes - semblable au statut déshumanisant encore imposé aujourd'hui aux bébés à naître.

Le sachant, pourquoi la présidente du Conseil consultatif voudrait-elle refuser à ces bébés la même reconnaissance qu'on avait accordée, il y a 80 ans, à celle de son sexe?

Quel peut être l'avenir d'un pays dont les chefs féministes refusent de reconnaître l'humanité et la personnalité des bébés blottis dans le sein maternel et s'opposent à leur donner les mêmes droits et libertés dont elles jouissent elles-mêmes?

THADDÉE RENAULT

Fredericton

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