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Tragédie routière de Bathurst: des liens se renforcent
Mise à jour le lundi 05 mai 2008
Par: Béatrice Seymour
BATHURST - On dit souvent que les grandes douleurs rapprochent. Les écoles secondaires de Bathurst High et Népisiguit, à Bathurst, en savent quelque chose. Bien que des liens étroits étaient déjà tissés entre ces deux établissements depuis de nombreuses années, la tragédie routière qui a fait huit victimes, en janvier, les a renforcés encore plus.Cet accident de la route marque un point tournant dans la région Chaleur. Le 12 janvier, sept jeunes de l’école anglophone Bathurst High (BHS), membres de l’équipe de basket-ball, ainsi que la femme de leur entraîneur, ont perdu tragiquement la vie sur la route 8, à quelques minutes de la sortie de Bathurst. Ils revenaient d’un tournoi à Moncton et les conditions routières - neige et pluie verglaçante - sont probablement à l’origine du drame.Toute une communauté, toute une nation s’est levée pour porter le deuil de ces familles éprouvées. La journée de l’accident, élèves francophones et anglophones se sont retrouvés à l’établissement Bathurst High pour partager leur tristesse. "BHS et ÉSN (école secondaire Népisiguit) ont toujours eu une bonne entente depuis plusieurs années. Mais comme n’importe quelle tragédie qui survient dans une communauté, cela rapproche les gens peu importe la culture. Est-ce que nous sommes plus proches cette année? Probablement", a confié Coleen Ramsay, la directrice de BHS. "Chaque personne à travers le pays qui a entendu parler de l’accident, chaque parent, chaque entraîneur, chaque école se fichait si nous étions sur la côte ouest ou est. Toutes les écoles savaient que cela pouvait leur arriver", a noté Mme Ramsay. Les étudiants de l’école Népisiguit pouvaient facilement s’identifier à leurs camarades de Bathurst High. Beaucoup de jeunes francophones connaissaient les victimes. Surtout que Codey Branch, une des victimes, avait passé tout son secondaire à l’ÉSN et ce n’est qu’en douzième année qu’il a fait le changement pour BHS afin d’évoluer dans leur équipe de basket-ball. Le directeur de l’école Népisiguit, Guy Roach, a vu un changement s’opérer chez ses élèves à la suite de la tragédie. "Ils avaient tous de l’empathie les uns envers les autres et ont oublié les langues. Pour avoir créé des rapprochements, c’est malheureux qu’une situation comme celle-là soit survenue, mais cela a quand même eu un effet bénéfique", a expliqué M. Roach. "Quant à moi, toutes les dissensions qui avaient pu y avoir ont été mises de côté pour un bon bout. Ça fait son chemin. Tout cela a eu un effet positif sur la compréhension que les jeunes ont de l’amitié. La tragédie a fait prendre conscience que nous sommes tous semblables et qu’il n’y a pas lieu de se pousser dans un coin en vertu de la langue, de la culture", a-t-il ajouté. Au Centre des jeunes de Bathurst, des étudiants de BHS viennent plus souvent passer l’heure du déjeuner avec ceux de l’ÉSN, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant. Josh Ouellette, le président du Centre des jeunes de Bathurst, remarque une meilleure compréhension et tolérance entre les deux groupes linguistiques. "Ils sont plus respectueux et plus proches. Je sens que ça va beaucoup mieux entre les anglophones et les francophones. Le monde est plus patient avec les autres. Nous venons de deux cultures, mais quand un drame arrive à un de nos voisins, ça nous rapproche. Dans le malheur, il y a toujours du bien qui en ressort", observe M. Ouellette. Bathurst High accueille environ 750 étudiants tandis que l’école Népisiguit en compte plus de 1100.
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