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Le dossier de l'uranium mobilise la population
Mise à jour le vendredi 02 mai 2008
Par: Danielle Savoie
Le gouvernement adopte la même attitude dans le dossier de l'uranium que pour la santé, l'immersion, les pesticides... pas de discussions et pas de compromis!Encore une fois, la semaine dernière, le gouvernement a fait fi des préoccupations de la population. Cette fois, le gouvernement a montré à quel point il n'est pas à l'écoute des gens en refusant d'imposer un moratoire provisoire sur l'exploration de l'uranium. L'opposition à l'exploration de l'uranium ne fait que grandir. De plus en plus de citoyens, préoccupés par leur santé, l'environnement et la protection des sources d'eau potable, ne veulent pas de compagnies minières dans leur cour arrière.Le forum des maires d'Acadie-Beauséjour, qui regroupe les représentants de Dieppe, Shédiac, Cap-Pelé, Memramcook, Saint-Louis, Saint-Antoine, Bouctouche, Richibouctou et Rogersville, a emboîté le pas aux citoyens et réclame un moratoire. La municipalité de Moncton a elle aussi adopté une résolution en ce sens. Un autre groupe, Support Citizens Against Radioactive Emissions, mène le même genre de campagne dans la région de la capitale. Selon ce groupe, les compagnies minières ont déposé 10 000 piquets de jalonnement dans les régions de Hoyt, de Harvey et de Grand Lake. L'opposition a eu beau déposer trois pétitions à l'Assemblée législative et présenter une motion demandant un moratoire temporaire sur l'exploration et l'exploitation d'uranium, le gouvernement est resté immuable. Les libéraux ont même profité de leur majorité en Chambre pour modifier la motion! Finalement, le texte adopté ne parle pas de moratoire, mais plutôt que l'exploration et l'exploitation de l'uranium soient faites conformément avec les lois existantes. Très peu pour rassurer les gens qui s'inquiètent pour leur santé. Il ne faut pas s'étonner que le gouvernement fasse la sourde oreille! C'est que la province y trouve son compte. L'an dernier, le gouvernement a accordé à la compagnie CVRD Inco, maintenant Vale Inco, les droits exclusifs de rechercher de l'uranium dans le sud-ouest de la province, soit dans un secteur de 136 000 hectares situés entre Sussex et Moncton. Une entente qui a rapporté 4 millions $ au gouvernement provincial. Il est vrai que l'ouverture d'une mine d'uranium est un processus qui prend généralement plusieurs années. Le raisonnement du premier ministre, c'est que les gens ne devraient pas trop s'inquiéter, car l'uranium de la province est de qualité inférieure et que les compagnies minières recherchent plutôt un uranium de qualité supérieure pour exploiter des mines. Le problème dans l'exploration minière, c'est que même si les municipalités adoptent des moratoires sur leur territoire, les richesses naturelles sous la surface de la terre sont de juridiction provinciale. Même si c'est votre terrain, vous ne pouvez tout simplement pas chasser de votre propriété un prospecteur, puisque les titres miniers empiètent souvent sur les droits des propriétaires fonciers et des municipalités. Lors de réunions publiques, des citoyens ont raconté que des prospecteurs avaient creusé un trou de 130 mètres de profondeur pour trouver de l'uranium. Les gens parlent déjà qu'il y a eu contamination de puits d'eau potable. Même la Nouvelle-Écosse, qui ne détient certainement pas le record sur la protection de l'environnement - on a qu'à penser aux étangs de goudron de la Sydney Steel - a imposé un moratoire sur l'exploitation de l'uranium dans les années 1980. Un comité tripartite de l'Assemblée législative a unanimement recommandé le maintien du moratoire, malgré le prix élevé de cette ressource et les pressions des compagnies minières. Il faut croire que le gouvernement de la Nouvelle-Écosse n'est pas prêt à sacrifier l'environnement et la santé des gens juste pour quelques emplois. Ce qui dérange le plus dans tout le débat sur l'uranium, c'est l'attitude du gouvernement. On affirme que l'exploration de l'uranium est sans danger, que les craintes ne sont pas fondées, mais on ne fait rien pour informer et rassurer les gens. Quels sont les dangers non seulement de l'exploration, mais aussi de l'extraction de ce métal pour la santé du public ainsi que pour la santé et la sécurité des travailleurs? On ne peut que constater que le gouvernement adopte la même attitude dans le dossier de l'uranium que pour la santé, l'immersion, les pesticides... pas de discussions et pas de compromis! dsavoie3@nb.sympatico.ca
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