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Les francophones lancent un cri d'alarme
Mise à jour le vendredi 16 mai 2008
Par: LA PRESSE CANADIENNE
OTTAWA - Des postes de directeur général à 15 $ l'heure, des dirigeants qui paient les salaires avec leur propre marge de crédit personnelle, des milliers de dollars payés en intérêt en attendant de recevoir l'argent promis du gouvernement fédéral: voilà des situations que vivent quotidiennement les dirigeants des organismes oeuvrant auprès des communautés francophones en situation minoritaire.Plusieurs représentants ont dénoncé hier le mode de financement du ministère du Patrimoine canadien et décrié la situation dramatique qui prévaut actuellement dans plusieurs provinces, lors de leur comparution devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes. "Si vous êtes intéressés, nous avons des postes de directeur général à 15 et 18 $ l'heure, a raconté Stéphane Audet, de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique. Mais vous devrez gérer le bureau, être comptable, bibliothécaire et serez responsable de l'entretien. Vous comprendrez pourquoi les gens sont à bout de souffle et qu'ils partent. Moi, je suis très préoccupé, car on perd des gens et des communautés vont disparaître."Plusieurs intervenants ont dénoncé la lenteur de la ministre responsable des langues officielles, Josée Verner, à déposer son plan d'action sur les Langues officielles. Il a aussi indiqué que le montant de 1 milliard $ avancé par le conseiller Bernard Lord pour la phase deux du plan d'action serait nettement insuffisant. Le représentant de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, Jean Léger, a expliqué pour sa part que les organismes reçoivent de Patrimoine canadien 25 % de l'argent en avril, mais ne savent pas vraiment avant septembre ou même octobre combien ils obtiendront pour l'année financière se terminant en mars, ce qui rend difficile la gestion des organismes. Plusieurs soutiennent que les délais pour le versement de l'argent des ententes Canada-communautés de Patrimoine canadien sont trop longs et qu'ils doivent souvent fonctionner à même la marge de crédit de l'organisme, ou même des marges de crédit personnelles des dirigeants, pour payer les salaires des employés, comme l'a raconté la représentante de la Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador. Certains intervenants ont indiqué que les retards dans les versements par Patrimoine canadien privent les organismes de sommes importantes puisqu'ils doivent alors payer des frais d'intérêt. Certains ont parlé de pertes de 15 000 $ par année, de l'argent qu'ils ne peuvent investir dans des projets. "Vous n'êtes pas des peureux de prendre vos marges de crédit pour faire fonctionner les communautés, a déclaré le député néo-démocrate néo-brunswickois Yvon Godin. Mais c'est inacceptable. À votre place, je ne l'aurais pas fait."
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