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Des autochtones du Québec débarquent leur crabe au N.-B.
Mise à jour le vendredi 16 mai 2008
Par: LA PRESSE CANADIENNE
CARLETON, QUÉBEC - Les Micmacs de Gesgapegiag débarquent depuis lundi leur crabe des neiges au Nouveau-Brunswick plutôt qu'à une usine gaspésienne parce qu'ils sont à bout de patience, en attente de voir le gouvernement du Québec prendre une décision au sujet de leur projet de pourvoirie à droits exclusifs dans le canton Baldwin.La directrice du développement économique de Gesgapegiag, Catherine Johnson, a précisé que le gouvernement étire le processus depuis un an et que les deux derniers mois ont été éprouvants pour le conseil de bande, puisque les tentatives de rencontrer la ministre responsable de la Gaspésie, Nathalie Normandeau, ou le ministre des Ressources naturelles Claude Béchard, ont été vaines. Les Micmacs digèrent mal que le rapport préparé par le négociateur Rémi Bujold, délimitant une surface de 229 kilomètres carrés pour la pourvoirie et un droit d'accès de 395 $ par chasseur local, ait été déposé le 31 janvier et qu'il n'ait pas généré une réaction du gouvernement."Depuis près de deux mois, nous avons été en contact avec le gouvernement pour demander s'il se passe quelque chose (...), a dit Catherine Johnson. Ils (les ministres) savaient que nous pouvions débarquer notre crabe au Nouveau-Brunswick. Depuis février, nous demandons une rencontre. Nous n'avons pas eu un seul "retour d'appel" (sic). Vendredi, à quatre heures moins dix, Mme Normandeau a appelé le chef pour discuter du crabe et lui demander encore du temps." "Les négociations sont terminées (tant que le crabe sortira de la Gaspésie), a rétorqué la ministre. "On nous a demandé quelques semaines il y a un an et on nous demande quelques semaines cette année. Que doit-on penser?" a plaidé Mme Johnson, en ajoutant qu'on lui demande de montrer une sensibilité pour l'économie gaspésienne, alors qu'un "excellent partenariat" avait été établi l'usine gaspésienne. "Nous ne sommes pas contents d'aller au N.-B. Nos pêcheurs dépensaient beaucoup pour le ravitaillement des bateaux (...). Ça fait plus de 10 ans que nous travaillons sur le projet de pourvoirie et nous sommes au même point. Pourquoi devrions-nous être solidaires? Notre seul instrument est une pression économique." La crevette pêchée par Gesgapegiag pourrait aussi passer par des usines néo-brunswickoises en juin.
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