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Un Acadien à la tête de Miramichi
Mise à jour le jeudi 15 mai 2008
Par: Pître, Jean-Mari
MIRAMICHI - Les citoyens de Miramichi, les francophones surtout, vivent un moment historique avec l'élection d'un premier maire acadien en la personne de Gerry Cormier.Ce n'est pas une blague, Miramichi a bel et bien un maire de langue maternelle française. Il s'appelle Gerry Cormier, il travaille comme conseiller à l'emploi de la fonction publique provinciale, il a été conseiller municipal à Miramichi pendant neuf ans et s'est fait connaître par son grand engagement dans sa ville d'adoption. Originaire de Bathurst, il habite Miramichi depuis près de 40 ans. "Je suis très content! Je pense qu'on avait besoin d'un changement. Le monde était pas mal frustré de la façon dont ça marchait ici. Je pense qu'ils cherchaient quelqu'un avec de nouvelles idées, et je pense qu'à cause de ça, ils ont décidé de me donner la mairie", a commenté le nouveau maire.M. Cormier dit accueillir le fait de passer à l'histoire avec joie, mais se veut prudent sur la question francophone, en insistant sur le caractère très majoritairement anglophone de la ville de Miramichi. Il se montre toutefois conscient des possibilités que son accession au poste de maire de Miramichi représente pour la communauté acadienne de la région, souvent représentée par le Carrefour Beausoleil, dirigée par Roger Martin. M. Martin est également président de la section locale de la Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick (SAANB). C'est un Roger Martin tout à fait enchanté par l'arrivée au pouvoir de Gerry Cormier que L'Acadie NOUVELLE a interviewé. Il note par cette élection un autre signe d'ouverture de la part de la communauté anglophone. "Si il y a 20 ans, quelqu'un m'avait dit qu'il y aurait un maire francophone à Miramichi, je ne l'aurais pas cru!", affirme le président de la section Alnwick-Miramichi de la SAANB, qui voit en cette élection l'évolution des mentalités dans cette ville. Il remarque également que la sensibilisation faite par la SAANB dans la région a fait une brèche dans la muraille de l'intolérance envers les francophones. Gerry Cormier a tissé des liens avec la communauté acadienne de Miramichi, du temps où il était conseiller municipal (1995-2004). La SAANB de la région estime donc que ces liens pourront être renforcés, pour davantage de services et d'affichage bilingue dans cette ville à forte dominance anglophone. En 2004, M. Cormier a perdu la mairie de Miramichi par 292 votes au profit de John McKay. Lundi, c'est avec une écrasante majorité de 2282 voix sur son plus proche opposant qu'il a été élu. Il composera avec une table de conseillers renouvelée, avec huit nouveaux conseillers sur dix.
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