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Les hormadiers menacent de court-circuiter les transformateurs
Mise à jour le jeudi 15 mai 2008
ESCUMINAC - La crise du homard est tellement grave, cette saison, que les pêcheurs côtiers songent sérieusement à vendre leurs prises directement aux marchés américains et européens dès l'an prochain, sans passer par un intermédiaire.Les bonnes prises depuis deux semaines dans le nord-est de la province cachent une réalité beaucoup plus critique dans cette industrie. Avec un prix à la livre à 4,50 $ pour le petit et 5 $ pour le gros payé par les usines de transformation, du jamais-vu depuis 1997, les homardiers vivent presque sur du temps emprunté. Car lorsque les captures chuteront sous les 200 livres par jour - ce qui pourrait arriver aussi tôt que dans deux semaines -, il sera impossible de rentabiliser cette pêche, avertit André Martin, président de l'Union des pêcheurs des Maritimes.D'où ce plan B, qui est de s'organiser entre pêcheurs pour aller vendre le crustacé directement aux acheteurs américains ou européens. "Nous ferions l'ouvrage nous-mêmes, signale M. Martin, lui-même pêcheur de homard dans la région d'Escuminac. Nous allons nous organiser et prendre nos propres décisions. Les propriétaires des usines s'arrangeront alors avec leurs problèmes." Mais cette idée a aussi son ennemi. Le précédent gouvernement Lord avait adopté la Loi 73, qui obligeait notamment les côtiers à passer par un transformateur. Sauf que cette loi n'avait pas eu le temps d'être mise en vigueur. Le ministre actuel des Pêches, Rick Doucet, songe maintenant à la rapporter sur le plancher et à aller de l'avant avec cette initiative, ce qui ne fait pas plaisir aux homardiers. "Nous n'avions même pas été consultés pour la préparation de cette loi. Si M. Doucet la ressort, autant placer tous les pêcheurs côtiers dans une boîte et la barrer à clé. Ça donnerait tous les pouvoirs aux transformateurs. Pour nous, c'est la faillite", prétend M. Martin, qui promet d'aller manifester à Fredericton si nécessaire. Les côtiers sont mécontents du prix offert cette année sur les quais. Ils doivent assumer des dépenses beaucoup plus importantes en carburant et en appâts. Pour l'instant, étant donné que les prises sont bonnes, ça peut toujours s'endurer. Mais dès qu'elles vont diminuer, plusieurs homardiers sortiront leurs cages de l'eau, prédit M. Martin. Peut-être même au point de terminer la pêche à la fin de mai. "C'est inacceptable, affirme le président de l'UPM. Le coût de la vie augmente, tout augmente. Et on nous paie le homard moins cher que le baloné. Bientôt, nous ne pourrons plus pêcher. Nous sortons en mer uniquement pour faire de l'exercice. C'est rendu une vraie farce." real.fradette@acadienouvelle.com
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