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La Birmanie redoute une nouvelle catastrophe
Mise à jour le jeudi 15 mai 2008
Par: Associated Press
RANGOON, BIRMANIE - La Birmanie redoute une nouvelle catastrophe. Moins de deux semaines après le passage devastateur du cyclone Nargis les 2 et 3 mai, une dépression tropicale était en cours de formation, hier, au large des côtes birmanes, susceptible de se transformer en ouragan dans les prochaines 24 heures.Selon le Joint Typhoon Warning Centre (JTWC), un institut d'alerte météo du gouvernement américain, la dépression accompagnée de vents soufflant de 45 à 55 km/h se trouvait, hier, au sud de la principale ville birmane Rangoon. L'ouragan, s'il se forme effectivement et suit la trajectoire actuelle de la dépression, pourrait de nouveau toucher la région du delta de l'Irrawaddy (sud), déjà dévastée par Nargis au début de mai. Le dernier bilan des autorités birmanes est de 34 273 morts et 27 838 disparus, mais les Nations Unies estiment que le véritable bilan pourrait dépasser 100 000 morts. D'après la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Nargis pourrait avoir fait près de 128 000 morts.Un nouveau cyclone menacerait la survie des rescapés déjà éprouvés, souligne Amanda Pitt, porte-parole de l'Office des Affaires humanitaires de l'ONU. Quelque deux millions de rescapés, pour la plupart de petits riziculteurs, vivent dans le plus grand dénuement et sont menacés par la faim et la maladie. Selon les estimations du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, 1,6 million d'hectares de rizières ont été détruits, submergés par la montée des eaux provoquées par le cyclone. La saison des plantations approche et si les riziculteurs ne sont pas à pied d'oeuvre d'ici trois mois, avant la mousson, "nous aurons une grave pénurie de riz dans le pays", pronostique Leon Gouws, représentant du PAM en Birmanie. Les militaires ont jusqu'à présent interdit l'accès des zones sinistrées aux étrangers, y compris aux spécialistes de l'aide humanitaire. Hier, le ministère thaïlandais de la Santé a cependant annoncé avoir reçu l'autorisation d'envoyer une équipe médicale dans la région. Selon le premier ministre thaïlandais, Samak Sundaravej, de retour hier de Birmanie où il a rencontré le premier ministre, le général Thein Sein, la junte considère de son côté que les opérations de secours sous contrôle, et qu'il n'est donc pas nécessaire de faire venir des experts étrangers. Selon Johnny Chan, un spécialiste des cyclones à l'Université de Hong-Kong, le nouvel ouragan pourrait ne pas être aussi puissant que Nargis en raison de sa proximité des côtes. Le passage sur la terre ferme affaiblit un cyclone, les eaux chaudes de l'océan constituant en quelque sorte le "carburant" de ce phénomène violent.
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