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Inondations: la déforestation montrée du doigt
Mise à jour le jeudi 15 mai 2008
Par: Chaloux, Christian
MATAPÉDIA, QUÉBEC - Un hôtelier près de la rivière Restigouche affirme, preuves à l’appui, que l’exploitation forestière est la principale responsable des inondations.Pierre Dubé est propriétaire du Motel Restigouche à Matapédia, qui a vécu ses premières inondations en 12 ans, cette année, en raison d’un embâcle. Elles ont du même coup causé des centaines de milliers de dollars en dommages à son établissement. M. Dubé s’informe depuis 20 ans sur les causes reliées aux inondations. Ses conclusions se basent sur des recherches universitaires et des documents gouvernementaux publics, qu’il lit et classe soigneusement.Pierre Dubé s’est procuré les relevés des débits de la crue printanière de la rivière Restigouche, qui démontre une explosion du volume d’eau pendant la fonte des neiges. Le relevé couvre les années 1963 à 2002, 365 jours par année. Il a porté son attention sur le printemps, du 94e au 120e jour. "J’ai commencé à parler à des hydrologues et à ramasser des études, il y a 20 ans. Je me suis procuré les relevés des compteurs d’Environnement Canada, semés partout dans les rivières", a indiqué M. Dubé. Il cite en exemple le compteur d’eau sur la rivière Restigouche, en aval de la rivière Kedgwick. On retrouve une augmentation significative du débit d’eau. Les statistiques qu’ils recueillent sont la pointe du débit d’eau (peak flow). "Entre 1963 et 2002, les données recueillies à la station hydrologique 01BC001, sur la rivière Restigouche, en aval de la rivière Kedgwick, démontrent que le débit d’eau a augmenté de 450 % durant la crue printanière", a expliqué Pierre Dubé. L’hôtelier n’hésite pas à lier les coupes forestières à l’augmentation des crues printanières. "Dans une forêt, les conifères sont collés les uns aux autres. La neige s’accumule dans les branches et elle s’évapore au printemps sans atteindre le sol. Quand les arbres sont coupés, la neige se retrouve au sol. Quand le printemps arrive, les arbres ne sont plus là pour boire l’eau et elle se retrouve dans les rivières", a expliqué M. Dubé. Dans une forêt coupée à blanc, la neige s’accumule trois fois plus dans l’espace découvert. Le vent, deux fois plus fort, compacte la neige, qui perd ses propriétés isolantes, tout comme la mousse au sol, écrasée par la machinerie. Des experts de l’Université du New Hampshire ont d’ailleurs mesuré un écoulement supérieur de 600 % dans un flanc dégarni comparativement à une surface boisée, a expliqué M. Dubé dans un article publié dans Le Soleil. "Le soleil fait fondre la neige au moins deux fois plus vite dans les espaces dévastés. Il n’y a plus d’ombre. Les arbres enlevés ne boivent plus l’eau. C’est pourquoi il y a six fois plus d’écoulement en surface sur le sol gelé. Ça donne des crues soudaines et démesurées de plus en plus souvent. La nature a un très petit rôle à jouer dans ce qui se passe, peut-être 25 %", analyse Pete Dubé.
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