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Macédoine de petits et grands bonheurs
Mise à jour le mardi 13 mai 2008
Par: Jean-Marie Nadeau
Je suis touché par les réactions qui animent les gens, à la suite d'une chronique de style plus métaphysique, comme celle de la semaine dernière. La métaphysique, ç'est "l'étude sur l'être". Je me rappellerai toujours de mon premier cours de métaphysique avec Narcisse Doiron, ce merveilleux prêtre devenu pêcheur et charpentier, introduisant son cours en disant: "La métaphysique, c'est...", et là, il s'esclaffait d'un rire profond de l'intérieur.Ce nombre de réactions me fait tout simplement conclure que nous sommes plusieurs à vouloir dialoguer, échanger sur la vie, nos vies. Mes propos de la semaine dernière vous ont paru un peu sombres. Parler de politique de façon hebdomadaire n'est pas de tout repos. Le contexte politique actuel au Nouveau-Brunswick est parsemé de vibrations plutôt déstabilisantes et négatives. Ça finit par affecter le moral. Le défi est de ne pas se laisser abattre par cette atmosphère ambiante. C'est pourquoi j'ai envie de partager avec vous quelques petits et grands bonheurs en macédoine. Tel celui d'avoir eu la chance d'être à Charlottetown deux fins de semaine passées pour le spectacle des Éloïzes. Nos artistes, qui sont parmi les moins bien rémunérés de toutes les professions, sont porteurs par leur création d'une grande richesse humaine qui nous sustente l'âme, contribue à notre bien-être et nous entraîne vers plus de réconciliation, d'harmonie et d'entraide. On ne sera jamais assez reconnaissant envers ces bâtisseurs de peuple, bâtisseurs parce qu'ils le mettent en mots, en images, en sons. Un seul regret: pas plus d'Acadiens du Nouveau-Brunswick se soient rendus à l'Île-du-Prince-Édouard exprimer à cette communauté notre solidarité, notre reconnaissance face à leur résilience, et notre appréciation de ce qu'ils apportent de particulier à l'ensemble du peuple acadien.J'en profite pour féliciter Angèle Arseneault, qui a reçu de façon hautement méritée le prix Hommage pour l'ensemble de son oeuvre. Comme j'ai envie de me réjouir pour le jeune ami Pascal Lejeune, qui se retrouvera sous peu dans une compilation internationale de chansons françaises avec Charles Aznavour, Patrick Bruel, Carla Bruni (la femme du président...). Un tel fait d'armes n'aurait jamais été imaginable, même dix ans passés. Dans la même ligne de pensée, j'ai eu la chance d'assister dernièrement à l'ouverture officielle de l'Institut des études acadiennes, institut sous l'habile direction de l'autre ami, historien celui-là - Maurice Basque. J'y apprenais qu'il y avait plus de 800 chercheurs de tout acabit dans le monde qui s'intéressaient aux réalités acadiennes. Ils sont de la Pologne, de l'Inde, du Japon (c'est bon de savoir qu'il n'y a pas que notre crabe et notre rave de hareng qui les intéressent), de l'Allemagne, de l'Italie, de la France. Tant de regards portés sur nous ne peuvent que stimuler notre appétit de s'assumer comme peuple, et de continuer à vouloir vivre pleinement. Le pire serait l'indifférence, que l'on ne s'intéresse plus à nous. Dans le suivi de la fête des Mères, j'ai envie de partager avec vous la grande joie que j'aurai en fin de semaine d'aller fêter, à Lac-Baker, le 90e anniversaire de naissance de ma maman Thérèse. Je suis privilégié d'avoir encore ma mère vivante. Privilégié de connaître un humain comme on n'en fait plus. Privilégié de côtoyer la simplicité, la grandeur d'âme, l'amour inconditionnel, et la foi totale en ses enfants (10). Ma mère a toujours trouvé que je travaillais trop, dans des choses qu'elle ne comprenait pas toujours très bien. Elle aurait voulu que ma vie soit plus simple et, d'un autre côté, me voyant heureux, elle me donnait le bénéfice du doute. Elle m'a tout de même déclaré un jour: "Je regrette de t'avoir envoyé au collège, car les curés t'ont trop mis d'idées dans la tête, ce qui fait que tu n'arrêtes plus". Mais, du même souffle, elle me répétait que tout ce qu'elle a pu faire, c'est de m'avoir "donné" une vie qui m'appartient, et que c'est à moi d'en disposer. Bonne fête maman, et merci mille fois pour la vie que tu m'as donnée un 15 août, pour mes frères et soeurs, et pour ma propre famille élargie d'aujourd'hui, y incluant le peuple acadien!
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