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Crabe: le bras de fer est enclenché
Mise à jour le mardi 13 mai 2008
CARAQUET - C'est le jeu du chat et de la souris entre les transformateurs et les crabiers. Jamais n'avait-on vu si peu d'action sur les quais de la Péninsule acadienne en cette première journée de débarquements, hier.

Pour dire la vérité, à part les camions qui circulaient, c'était d'un ennui mortel aux ports de Caraquet et de Shippagan.

Près de la moitié des navires de la flottille traditionnelle n'avait pas pris la mer, samedi matin, même s'ils avaient leurs casiers à bord.

Le prétexte officiel laissait entendre que la météo annonçait du mauvais temps en mer. Mais la réalité est que les pêcheurs n'avaient pas encore eu un prix à la livre qu'ils jugent décent pour leur crabe des neiges.

Pour un, Jimmy Lanteigne, de Caraquet, a tenu sa promesse. Pas de prix, pas de sortie. Et 48 heures après le début de la saison 2008, il attendait toujours.

"J'ai 244 000 livres de crabe des neiges à pêcher cette année, mais personne ne veut l'avoir. Je n'ai pas eu un seul appel d'un transformateur", a-t-il déclaré, hier, pendant qu'il s'affairait autour de son navire, le Jimmy L II, un crabier à cale d'eau.

Non loin de là, un crabier avait ramené environ 20 000 livres pour un premier voyage. Mais le crustacé est demeuré caché dans la cale, avec de la glace pour le maintenir bien au frais, en attendant de trouver son juste prix.

Seulement trois des huit usines de transformation de la Péninsule acadienne ont pu opérer, hier. Les Pêcheries Saint-Paul, à Bas-Caraquet, ont notamment été alimentées par deux navires autochtones provenant de la Gaspésie, tôt, hier matin.

"En 30 ans de pêche, je n'ai jamais vu ça", nous a raconté un crabier au quai de Shippagan, qui a aussi décidé de demeurer à quai tant qu'il n'aurait pas un prix raisonnable pour son produit. Un prix qui lui permettrait de couvrir ses dépenses, dont celui du carburant, 33 % plus cher qu'à pareille date l'an dernier.

La guerre des prix entre les transformateurs et la stratégie des pêcheurs, qui était d'attendre à la toute dernière minute avant de vendre leurs captures, avaient fait bondir le prix à la livre de près de 50 % en une seule journée au début de la saison 2007.

Hier, c'était quasiment impossible de savoir quel était le prix offert par les transformateurs depuis deux jours. Chacun garde ses cartes bien cachées afin d'en tirer le meilleur parti.

Selon Radio-Canada Atlantique, l'usine C-Gem de Bas-Caraquet y serait allée d'une tentative à 1,90 $, en fin d'après-midi, mais aucun crabier n'aurait répondu à cet appel.

real.fradette@acadienouvelle.com

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