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Il y a plus de décès que de naissances dans le Nord
Mise à jour le lundi 12 mai 2008
Par: Gagnon, Charles-Antoine
FREDERICTON - L'exode des jeunes du nord de la province vers d'autres cieux entraîne inévitablement une chute du nombre de natalités. La dépopulation combinée avec une population vieillissante fait qu'il y a plus de décès que de naissances.Les statistiques de l'état civil 2006 rendues publiques récemment par Fredericton révèlent un accroissement naturel négatif important pour les trois régions du nord de la province. La migration vers le Sud et la croissance des populations des régions de Fredericton, de Moncton et de Saint-Jean est facile à constater, avec des accroissements naturels qui sont jusqu'à 700 % supérieurs, dans le cas du Grand Saint-Jean à la région Chaleur-Péninsule acadienne.L'accroissement naturel, c'est l'excédent des naissances sur les mortalités. En 2006, l'accroissement naturel dans le comté de Gloucester (Chaleur-Péninsule acadienne) était de - 50, de - 51 dans le Restigouche et de - 13 dans le Madawaska. Pour Saint-Jean et sa banlieue, l'accroissement naturel était de 318, tandis qu'il s'est établi à 264 dans la région de Moncton et à 511 pour la région de Fredericton-Oromocto. Les citoyens qui quittent le Nord sont les jeunes adultes, ce qui évidemment affecte le taux de natalité dans cette région de la province. Lise Ouellette, directrice générale de l'Association francophone des municipalités du N.-B. (AFMNB), a aussi précisé que la moyenne d'âge de la population est plus élevée dans les régions nord de la province que dans le Sud. "Le taux de natalité est en général faible au N.-B., mais le fait qu'il y ait peu de services de garde à coût abordable a aussi une incidence sur le taux de natalité." Mme Ouellette croit que la tendance négative de l'accroissement naturel peut par contre être renversée. "Ça prend des stratégies de développement régional que nous n'avons pas au N.-B. C'est l'une des grosses failles à l'heure actuelle", a mentionné la représentante de cette association qui représente une cinquantaine de municipalités de la province. "Il y a des démarches en cours, conjointement avec le gouvernement provincial, pour la mise en place d'un mécanisme permettant de travailler sur l'élaboration d'une stratégie de développement des régions. C'est ce qu'on demande depuis quelque temps et on souhaite que la démarche soit fructueuse", a ajouté la directrice générale de l'AFMNB. Le député progressiste-conservateur de Lamèque-Shippagan-Miscou, Paul Robichaud, et son épouse sont de jeunes parents. Leur fils, Alexandre, aura deux ans, plus tard ce mois-ci. Selon Paul Robichaud, il doit y avoir la création d'une politique de développement économique combinée avec une politique familiale pour tenter de renverser la tendance au décroissement naturel non seulement dans le Nord, mais dans toutes les régions rurales de la province. "On ne peut pas dissocier l'une de l'autre. Ce n'est pas parce que les gens n'aiment pas le milieu ou qu'ils ne trouvent pas ça beau qu'ils quittent la région, c'est parce qu'ils n'ont pas un travail adéquat ou qui répond à leurs exigences pour élever une famille. On ne s'en va pas à Fort McMurray parce qu'on y aime le paysage, ils y vont parce que c'est payant", a noté M. Robichaud.
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