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Des pêcheurs nostalgiques à Cap-Lumière
Mise à jour le lundi 12 mai 2008
Par: Bruno Richard
CAP-LUMIÈRE - Le déclin de la pêche, à Cap-Lumière, attriste de nombreux anciens pêcheurs, notamment ceux pêchant le pétoncle, qui ont pratiquement grandi sur le quai de l'endroit.Dans la zone 22, qui va d'Escuminac à Cap Tourmentin, la pêche au pétoncle a débuté le 1er mai et prendra fin le 7 juin. Il y a un peu plus de 200 permis dans cette zone, mais une centaine seulement sont utilisés. Parmi ceux-ci, un seul bateau, soit celui de Bobby Maillet, mouille au grand quai de Cap-Lumière, qui a déjà bourdonné d'activités.À une époque pas si lointaine, le quai était bondé, du printemps à l'automne. Certains vous diront entre les années 1960 et 1995. "Au printemps 1968, il devait y avoir une soixantaine de bateaux à Cap-Lumière. En été, il y en a déjà eu 107. Il y avait un gros trafic sur le quai, a raconté le père de Bobby, Henry Maillet, âgé de 73 ans, de Cap-Lumière, qui a ramené des pétoncles au quai de 1965 à 1995. Ça me fait de la peine de réaliser que la pêche s'en va, surtout que j'ai pêché toute ma vie." Outre la quinzaine de pêcheurs de pétoncle de Richibouctou-Village, qui comprend Cap-Lumière, le quai accueillait des bateaux des villages avoisinants. C'était également le cas pour la pêche au maquereau. "Si tu vas au quai, aujourd'hui, il n'y a pas de bateaux. Ça me rend malade. Cap-Lumière était très populaire. Les pêcheurs venaient même de l'Île-du-Prince-Édouard et du sud de la zone, de Cap-Pelé par exemple. Il fallait parfois attendre que les pêcheurs de maquereau sortent du quai pour pouvoir rentrer", a raconté George Émile Maillet, âgé de 74 ans, de Richibouctou-Village, qui a également pêché ce mollusque pendant une trentaine d'années. Albert Allain, âgé de 74 ans, de Bedec, qui a pêché le pétoncle pendant les mêmes années, est aussi très déçu de la tournure des évènements. "Ça me fait mal au coeur quand je regarde le quai. Nous étions une quinzaine juste de Richibouctou-Village. J'aimais beaucoup pêcher le pétoncle. Tu t'en revenais avec ta cargaison et un coeur bien content", a-t-il raconté. La diminution des prises et l'augmentation des dépenses contribuent au déclin de la pêche en général, vous diront les anciens pêcheurs. Voilà les raisons pour lesquelles la relève est inexistante ou presque. "Il fallait attendre ton tour pour vendre. Maintenant, il y a un seul bateau! Ça ne regarde pas bien pour la pêche. Il n'y a plus de pêche. Il faudrait que les jeunes prennent la relève, mais ça coûte trop cher pour pêcher. C'est pas mal fini", a conclu Antoine Daigle, âgé de 78 ans.
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