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Les grands écarts
Mise à jour le jeudi 27 mars 2008
Par: Gaétan Chiasson
La Pensée du jour, dans notre édition de lundi, se lisait comme suit: "Après le pain, l'éducation est le premier besoin d'un peuple - George Danton". Comme c'est vrai! L'éducation est à la base de tous les progrès, dans tous les milieux. C'est le socle du développement social et économique.

Au Nouveau-Brunswick, le ministre de l'Éducation, Kelly Lamrock, s'est donné pour mission d'améliorer sensiblement les résultats scolaires des écoliers de la province d'ici 2013. Sa vision se fonde sur trois objectifs: les élèves doivent être préparés à apprendre dès la maternelle; ils doivent savoir lire, écrire et compter à l'issue de la cinquième année et doivent être mieux outillés pour choisir une carrière lorsqu'ils terminent leur douzième année.

Selon le ministre, cette nouvelle approche permettra à la province de se distinguer sur le plan national. En fait, le Nouveau-Brunswick se démarque déjà des autres provinces, mais pour les mauvaises raisons.

Au printemps 2006, les résultats des tests du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) ont révélé l'étendue du problème. Le Canada est arrivé au troisième rang parmi 57 pays à l'examen des sciences. Un très bon résultat. Mais au niveau national, le Nouveau-Brunswick s'est classé au dixième rang. En lecture, il a pris la neuvième place et la septième en mathématiques. Nous sommes des derniers de classe.

M. Lamrock prend le pari que son programme "Les enfants au premier plan" réussira à rétablir la situation, qu'il donnera de meilleurs résultats que le "Plan d'apprentissage de qualité" du gouvernement de Bernard Lord.

Dans le contexte actuel, nous n'avons plus droit à l'échec ni à l'erreur. Nous ne pouvons plus continuer à accumuler les mauvaises notes. Cela va nous rattraper tôt ou tard et compromettre notre compétitivité et notre productivité à l'échelle nationale. Si ce n'est pas déjà fait. Les écarts avec les autres provinces risquent de s'agrandir dans plusieurs domaines.

Ce qui dérange aussi, sinon plus, ce sont les écarts qui se creusent à l'intérieur même de la province, entre les anglophones et les francophones, le Sud et le Nord, les centres urbains et les régions rurales.

L'analyse des derniers résultats des examens provinciaux, publiée dans notre édition du 14 mars, témoigne des disparités entre les différents districts scolaires francophones et de l'incapacité de ceux du Nord à rivaliser avec ceux du Sud - principalement Dieppe et Moncton. Et pendant qu'en milieu urbain, on s'approche déjà des objectifs fixés pour 2013 dans plusieurs matières, en région, en général, on peine à atteindre la note de passage.

Les régions rurales - le Nord particulièrement - sont exposées aux mêmes dangers que ceux qu'affronte le Nouveau-Brunswick à l'échelle nationale. Leur développement est lourdement hypothéqué.

Plusieurs facteurs expliquent le décalage entre les résultats d'une région à l'autre. Ils sont principalement d'ordre socioéconomique, mais il y en a plusieurs, y compris les ressources financières et ses effets sur la qualité de l'enseignement.

Les lacunes du système sont connues et bien documentées. Les identifier n'est pas suffisant. Il faut agir. Maintenant. Il est temps de se retrousser les manches. Côté théorique, le plan du ministre tient la route. Côté pratique, il y a loin de la coupe aux lèvres, surtout chez les francophones et en région rurale puisqu'il n'est pas question d'investissements ciblés qui permettraient d'entreprendre le rattrapage. Il faut y remédier. Cela dit, le gouvernement tient la bourse, mais tout ne repose pas sur ses épaules.

Cette semaine, la porte-parole de la Fédération des conseils d'éducation, Anne-Marie Gammon, a appelé les autorités scolaires à se remettre en question, aux écoles "à se regarder" et aux francophones à faire de l'éducation un enjeu prioritaire.

La réussite scolaire est une responsabilité collective. L'échec d'un élève, c'est aussi celui d'un système et de tous ceux qui gravitent autour.

gaetan.chiasson@acadienouvelle.com

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