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Des journalistes étrangers en visite au Tibet
Mise à jour le jeudi 27 mars 2008
Par: Charles Hutzler
LHASSA - La Chine semble vouloir accumuler les démonstrations d'un contrôle pleinement recouvré au Tibet: Pékin a annoncé, hier, la reddition de plusieurs centaines de personnes à la suite des manifestations tibétaines contre son pouvoir, et autorisé un premier groupe de journalistes étrangers à se rendre à Lhassa depuis les violences du 14 mars.

Ce feu vert accordé à des médias étrangers - jusqu'alors interdits de visiter le Tibet - et les redditions annoncées apparaissent comme autant de signes destinés à appuyer les dires des autorités sur la maîtrise totale de la situation et le caractère criminel des mouvements de protestation qui avaient commencé dans le calme le 10 mars.

Lancés à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement de 1959 contre Pékin, les rassemblements, d'une ampleur et d'une âpreté sans précédent depuis près de vingt ans, ont vivement embarrassé le gouvernement à cinq mois des Jeux olympiques de Pékin censés servir de vitrine dorée. Les manifestations ont dégénéré le 14 mars, lorsque des émeutiers ont allumé des centaines de feux à Lhassa et attaqué des Chinois de souche, entraînant un afflux de soldats au Tibet.

On ignorait, hier, quelle marge de manoeuvre et de liberté serait laissée à Lhassa au petit groupe de journalistes - parmi lesquels un reporter, un photographe et un cameraman d'Associated Press - dont la visite de deux jours a été arrangée par le gouvernement chinois. L'autocar transportant les journalistes a passé trois postes de contrôle de police entre l'aéroport et Lhassa.

Des policiers étaient stationnés pratiquement à chaque croisement de rue sur l'itinéraire, tandis que d'autres en tenue de camouflage armés de mitrailleuses se tenaient devant plusieurs bâtiments semblant être des bureaux de l'administration. Cette visite autorisée intervient sur fond de pression internationale croissante contre la répression chinoise au Tibet à l'approche des JO. Le ministre flamand des Sports a déjà prévenu qu'il n'assisterait pas à la cérémonie d'ouverture, jugeant qu'elle servait la propagande des autorités chinoises.

Sur le terrain, l'agence de presse officielle Chine nouvelle a affirmé que plus de 600 personnes s'étaient présentées spontanément à la police, à la suite des manifestations à Lhassa et dans la province du Sichuan, où les protestations ont également éclaté. La police a aussi diffusé une liste de 53 personnes recherchées après les émeutes, selon Chine nouvelle. Au moins 29 personnes ont été officiellement interpellées, mais on ignore si elles figurent sur cette liste.

Les autorités ont menacé de punir sévèrement les personnes impliquées dans les violences. Selon le Tibet Daily, le chef de la police nationale a accusé les protestataires de violer les principes bouddhistes, et souligné, à l'instar du ministre chinois de la Sécurité publique, que les moines continueraient d'être soumis à des cours d'"éducation patriotique", des cours contraignant les religieux à dénoncer leur chef spirituel, le dalaï-lama.

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