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La crise frappe durement les agriculteurs
Mise à jour le mercredi 19 novembre 2008
Par: Philippe Ricard
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Il en coûte de plus en plus cher aux agriculteurs pour opérer leur machinerie et leurs installations.
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MONCTON - Avec la flambée des prix de l’énergie, les agriculteurs de la province cherchent de nouvelles façons d’engendrer des revenus. Il semble bien que la production d’électricité verte pourrait être une voie à suivre.Un congrès organisé par l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick et traitant des solutions énergétiques à mettre en place pour les agriculteurs a débuté hier, à Moncton. On y discute de changements climatiques, mais aussi de solutions pour passer au travers de la crise énergétique qui frappent les agriculteurs.Le vice-président de l’Alliance, Patrice Finnigan, explique que la récente montée des prix de l’énergie a motivé son regroupement à organiser ce congrès. "Ça affecte chaque producteur directement. On ne parle pas seulement de l’énergie comme telle, mais aussi de tous les autres coûts qui augmentent à cause du transport, comme les engrais et du matériel que nous avons besoin pour la ferme", explique M. Finnigan, un agriculteur bien connu dans la région de Rogersville. Une solution pointe toutefois à l’horizon pour les agriculteurs, soit de produire leur propre énergie. Que ce soit à partir de l’énergie éolienne, solaire ou du gaz méthane, le potentiel est là. "On pourrait aussi utiliser la production de certaines cultures pour produire de l’énergie, comme des huiles pour des biocarburants", soutient M. Finnigan. Le vice-président de l’Alliance agricole du N.-B. ajoute toutefois que les biocarburants ne sont pas nécessairement une bonne solution. "L’Amérique du Sud, par exemple, produit de la canne à sucre ou du maïs pour en faire des biocarburants. Ce n’est pas certain que c’est la bonne direction et que c’est là qu’on va aller. Nous sommes un peu en retard par rapport à eux, mais c’est peut-être une bonne chose." En effet, puisque Thomas Homer-Dixon, un conférencier invité (lire autre texte), a mentionné que la production de biocarburants n’est pas rentable dans le moment. Ronald Goguen, de la Fleur du pommier de Cocagne, se dit très inquiet que certains agriculteurs considèrent d’utiliser leurs terres pour produire des biocarburants. "Je pense que la nourriture doit être utilisée pour nourrir les gens, pas pour faire du gaz ou des produits chimiques. Ça fait du bien d’entendre dire que ce n’est pas la solution", soutient-il. Selon M. Goguen, le congrès organisé par l’Alliance agricole est l’occasion idéale pour trouver de nouvelles orientations à l’agriculture. "Je pense qu’il faut s’orienter dans une certaine direction. J’ai un gros entrepôt et il y a de la place pour mettre des panneaux solaires. On est aussi un endroit idéal pour produire de l’énergie éolienne. Mais on ne pourra pas faire ça tout seul. Ça va prendre l’aide des gouvernements", dit-il. Quoi qu’il en soit, les prochaines années pourraient être synonymes de bouleversement pour le milieu de l’agriculture. "Il y aura peut-être une période d’ajustement au cours de laquelle la vocation des terres va être appelée à changer. Ça va affecter la rotation, les engrais utilisés, etc. Je pense que les gouvernements ont un rôle à jouer pour nous aider à faire ces changements", avance aussi Patrice Finnigan "Ce qui est intéressant dans tout cela, c’est de voir que nous avons un rôle à jouer pour changer les choses dans notre communauté", ajoute-t-il.
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