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Des dossiers négligés
Mise à jour le mardi 07 octobre 2008
Par: Jean-Marie Nadeau
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Photo de la PC/Tom Hanson
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Le développement régional a occupé peu de place dans cette campagne. Le financement de l’APÉCA est en baisse depuis trop d’années.J’ai été attristé de lire les déclarations de madame Boudreau-Routhier, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA), relatant le fait que les différents partis politiques avaient répondu tièdement aux réclamations de la francophonie canadienne. Comme mon ami Rino Morin-Rossignol le déclarait à Radio-Canada mardi dernier, c’est comme si ça prenait une menace du Québec de se séparer pour qu’on s’intéresse à nous, et c’est déplorable. Mais, il va sans dire qu’il n’en revient qu’à nous de hausser le ton pour rappeler à ces politiciens de tour d’ivoire que les enjeux francophones et acadiens sont des enjeux identitaires, autant pour nous comme communautés vibrantes que pour l’identité canadienne elle-même. Sans la francophonie et l’acadianité, il n’y aurait plus d’identité canadienne distinctive de l’américaine. Malgré tout, il semble que le Parti libéral et le NPD aient été en mesure de répondre aux demandes de la FCFA, même si ce n’était pas suffisant.J’ai aussi été sensible aux propos tenus par Réal Robichaud, grand responsable du dossier touristi que au Nouveau-Brunswick. M. Robichaud déplorait le fait qu’aucun parti n’avait encore parlé de ce dossier dans la campagne. Nous avons pourtant été témoins de l’effondrement de cette industrie chez nous, en Acadie, surtout depuis les deux dernières années. Le tourisme a été et doit redevenir une industrie dont on s’occupe mieux. Parlant Industrie, il y a lieu de faire le lien avec Culture, et ses 87 milliards $ en retombées économiques. Grâce aux errements inacceptables de M. Harper dans ce dossier, la culture a, pour la première fois, occupé une place prépondérante dans cette campagne. Pas de tourisme sans support culturel! Il faut donc souhaiter que par la bande, le dossier culturel entraîne des retombées positives sur le dossier du tourisme comme tel. J’ai aussi été gêné par le peu d’énergie démontrée par M. Harper lors des débats, surtout le francophone. On peut bien plaider la barrière de la langue, mais comment se fait-il qu’avant les élections on glorifiait sa capacité de bien parler le français? Il est à se demander si M. Harper n’a pas tout simplement démontré son manque d’intérêt face à la question francophone, et j’ajouterais aux dossiers de développement de l’Atlantique. En effet, le développement régional a occupé peu de place dans cette campagne. Le financement de l’APÉCA est en baisse depuis trop d’années. Mais, M. Harper est venu dire à Moncton qu’il en augmenterait le budget: tant mieux, mais, est-ce que sera suffisant? Ça reste à voir. Au moment où vous lisez ces lignes, M. Harper annonce aujourd’hui sa politique économique: c’est un peu tard face aux désastres financiers et économiques qui se dessinent en Amérique du Nord et dans le monde, entraîné en cela par la débâcle financière de notre voisin américain. Ce désastre financier démontre que le sacro -saint laisser-faire en matière économique de la droite mondiale, aussi le credo de M. Harper, n’est pas adapté aux défis économiques d’aujourd’hui. Souhaitons qu’il ne sacrifie pas notre bien-être économique sur l’autel de son idéologie! Finalement, la pauvreté au Canada n’a pas fait l’objet de propositions innovantes pour l’éradiquer. On en a parlé comme un dossier secondaire à d’autres propositions apparemment plus englobantes, comme dans les dossiers de l’environnement, de la remise d’impôts...Pire encore, on n’a pas vraiment parlé du dossier de la santé, qui est au centre d’un tsunami de manoeuvres de privatisations tous azimuts. Ce dossier reste pourtant toujours un dossier prioritaire des Canadiens. Cette campagne a tout de même soulevé un certain intérêt. Elle a permis aussi un constat: il est temps que notre système électoral soit modernisé, et devienne idéalement proportionnel afin de tenir compte de la pluralité des votes et des choix politiques. Sur le plan mondial, nous faisons figure de dinosaure électoral. Ce qui me désole le plus, c’est qu’on va se retrouver le 15 octobre avec un gouvernement canadien plus américanisé que jamais dans notre histoire, alors que les États-Unis vont se retrouver le 5 novembre avec un gouvernement américain plus que jamais "canadianiste" dans la leur. Ça pourrait être une mince consolation en souhaitant que le gouvernement Harper minoritaire, si enclin à imiter les Américains, soit ramené un peu plus au centre en voulant un peu imiter "Obama". Mais, ô combien il serait préférable que l’on se donne nous-mêmes un gouvernement du centre qui nous ressemble vraiment! J’ai peur que nous soyons obligés d’attendre un autre quatre ans pour ce faire. Ah, masochisme, quand tu nous tiens! Commentaires: jmacadie@nb.sympatico.ca
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