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Tourbe: des pertes d’environ 25 millions $
Mise à jour le lundi 13 octobre 2008
Par: Fradette, Réal
LAMÈQUE - Le bel automne que nous connaissons n’aura pas réussi à atténuer ce qui deviendra l’une des pires années de l’histoire de l’industrie de la tourbe au Nouveau-Brunswick.Les prévisions pessimistes du président de l’Association des producteurs de tourbe du N.-B., Serge Losier, faites à la fin d’août, se sont malheureusement avérées justes. Malgré un mois de septembre favorable, la récolte de tourbe de cette saison atteindra à peine 75 % de son total de 2007, alors que la province avait produit près de 14,6 millions de ballots pour une valeur de 100 millions $.Le calcul est donc facile. L’industrie perdra environ 25 millions $ en revenus, ne peut que concéder M. Losier. "C’est une mauvaise année. En fait, c’est l’une des pires de notre histoire. C’est encore pire que durant la disette de 2002 et 2003. Septembre nous a aidés, mais nous n’avons pas eu un été favorable." Certaines tourbières ont pu mieux s’en tirer que d’autres, affirme-t-il. Il y en a qui ont pu ramasser l’équivalent de 80 % de leur récolte de l’an dernier. Mais d’autres vont aussi encaisser plus durement le coup, avec à peine 60 %. "Les bonnes récoltes sont en juin et juillet. Par la suite, même s’il fait beau, ce sont des petites récoltes. Des tourbières vont étirer leur saison le plus longtemps possible, mais ça ne viendra jamais combler les différences", ajoute M. Losier, dont le regroupement compte 25 membres. Habituellement, l’industrie tourbière ramasse son produit brut durant environ 60 jours dans une saison. Cette année, elle n’a même pas réussi à franchir la barre des 40 jours, en raison du mauvais temps continu durant les deux mois les plus importants de récolte. Les fournisseurs du Nouveau-Brunswick devront donc se tourner vers l’Europe pour s’approvisionner en tourbe, un produit qui est majoritairement destiné aux marchés des États-Unis. Concernant les quelque 1400 travailleurs dans cette industrie dans la province, dont les trois quarts sont saisonniers, ils pourront, pour la plupart, obtenir assez de semaines d’ouvrage pour se qualifier au programme d’assurance-emploi, soutient M. Losier. "Nous avons pu faire du partage d’emploi. Mais il ne faudrait pas que nous ayons une ou deux autres mauvaises années comme ça de suite", prévient-il. Compte tenu de la rareté du produit, il ne serait donc pas surprenant que le prix du ballot grimpe sur les marchés. D’un autre côté, la baisse actuelle du dollar canadien face à la devise américaine et la réduction des prix du carburant auront probablement un effet descendant, estime le président de l’Association des producteurs de tourbe du N.-B. La situation n’est pas unique au N.-B. L’Association canadienne de tourbe, qui représente 95 % des producteurs au pays, a émis un avertissement national, au début de septembre. À ce moment, les quantités de récoltes étaient déjà de 60 % plus bas que la moyenne des cinq dernières années au Canada.
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