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Stéphane Dion refuse d'envisager sa démission en cas de défaite
Mise à jour le lundi 13 octobre 2008
Par: Fannie Olivier
NORWOOD, ONTARIO - Stéphane Dion a refusé d'envisager sa propre démission advenant une défaite du Parti libéral, au lendemain d'une entrevue au cours de laquelle Stephen Harper a laissé entendre que le parti qui perdra ces élections devra se chercher un nouveau chef.Réagissant à cette affirmation, hier, à Toronto, le chef libéral a voulu se montrer catégorique sur le fait qu'il resterait personnellement en poste, coûte que coûte. "C'est un lâcheur, pas moi", a-t-il dit du chef conservateur.Dans un entretien avec une journaliste de Sun Media paru hier, M. Harper a insinué qu'il démissionnerait de son poste de chef du Parti conservateur s'il ne gagnait pas les élections. Il n'a pas spécifié cependant ce que signifiait perdre les élections pour lui, alors que de récents sondages laissent planer la possibilité d'un autre gouvernement minoritaire. M. Dion, qui a fait campagne, hier, pour un troisième jour de suite en Ontario, a prévenu qu'il ne démissionnera pas à titre de chef de son parti, quoiqu'il advienne demain. "Je resterai pour les Canadiens et j'espère bien à titre de premier ministre", a-t-il assuré en fin de matinée lors d'un point de presse dans la région de Toronto. "Je me suis battu pour le Canada et je vais continuer à le faire", a-t-il déclaré. Croit-il alors que devenir premier ministre fait partie de sa destinée?, lui a-t-on demandé un peu plus tard. "Ce n'est pas ma destinée, (mais) j'espère que ça va arriver. Une destinée, c'est lorsque vous croyez que ça va arriver même si vous ne faites rien", a expliqué M. Dion, ajoutant qu'un tel poste devait se mériter à l'effort. Il a admis qu'il livrait la bataille politique de sa vie. Depuis qu'il a remporté l'investiture de son parti en 2006, M. Dion a souvent été attaqué, y compris dans ses propre rangs, sur ses qualités de leader. S'il ne parvenait pas à obtenir un mandat demain, les pressions seraient fortes à l'intérieur du parti pour qu'il cède sa place. Quant à M. Harper, qui depuis le début de la campagne martèle qu'il a besoin d'un "mandat fort", faire élire un autre gouvernement minoritaire pourrait également être perçu par certains comme un échec. Viser le vote vert Lundi, à la veille du jour du scrutin, M. Dion parcourra le Canada d'est en ouest, s'envolant de Fredericton pour atterrir en soirée à Vancouver et faisant plusieurs arrêts en route. S'il a choisi ce trajet, semblable à celui emprunté par son prédécesseur Paul Martin lors de sa dernière campagne, c'est pour s'approprier le vote des derniers indécis au quatre coins du pays. "Je veux convaincre tous les Canadiens de nous donner un gouvernement progressiste, un gouvernement libéral qui va se battre pour le Canada en ces temps difficiles", a-t-il expliqué. Mais s'il cherche à rallier l'ensemble des Canadiens, il espère particulièrement s'approprier celui des électeurs qui sont tentés de voter pour un candidat du Parti vert. "Pour être vert, votez rouge!", a-t-il répété dans tous ses discours depuis samedi dans les municipalités ontariennes où il s'est arrêté. "Nous allons tout faire pour aider Elizabeth (May) dans Nova-Centre. Je veux que ce soit elle à la Chambre des communes plutôt que Peter MacKay", a expliqué M. Dion, dont le parti n'oppose pas de candidat à Mme May dans ce comté.
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