|
Retour du train: tout le monde n'est pas convaincu
Mise à jour le samedi 09 décembre 2006
Par: l'Acadie Nouvelle
DIEPPE - Ce n'est pas tous les entrepreneurs de la Péninsule acadienne qui sont emballés par le possible retour d'un réseau ferroviaire dans la région. Certains doutent même de la viabilité du projet.Au cours des derniers jours, plusieurs intervenants économiques et politiques de la Péninsule acadienne se sont dits ravis de constater que des investisseurs contemplent la possibilité de rétablir un lien ferroviaire pour le transport de marchandises. En fait, le projet est tellement porteur d'espoir que personne n'a vraiment osé se questionner par rapport à la viabilité de celui-ci.Mais avec le temps, la belle unanimité laissera peut-être la place à un réalisme pragmatique. Denis Mallet est président d'Entreprise Péninsule, un organisme qui, pour l'instant, refuse d'appuyer le projet. "Nous avons été saisis du projet en même temps que tout le monde. On ne veut pas se prononcer officiellement avant d'avoir étudié le dossier", dit-il. "Mais n'importe quel investissement qui peut être fait dans la Péninsule acadienne sera bien accueilli, tout comme un moyen de transport de plus pour exporter nos produits", précise M. Mallet. Denis Mallet n'est pas seulement président d'Entreprise Péninsule. Il est aussi le directeur général de FPM compagnie de tourbe limitée (anciennement Tourbe Fafard). Et en tant qu'entrepreneur, il affirme avoir des réserves en ce qui a trait au retour du réseau ferroviaire dans la Péninsule. "La ligne de chemin de fer passe à Miramichi et à Bathurst. Si c'était rentable pour nous de l'utiliser, on le ferait déjà. Nous l'avons fait pendant quelque temps, mais depuis un an nous sommes revenus avec le transport routier parce que les tarifs de Western A (la compagnie ferroviaire) étaient trop élevés", affirme M. Mallet. À son avis, il est plus facile d'avoir de meilleurs prix en faisant affaire avec les compagnies de transport routier parce qu'elles sont plus nombreuses. "Donc, il y a plus de compétition. Ce n'est pas un monopole." Il se demande si les entreprises de la Péninsule acadienne vont vraiment profiter du réseau ferroviaire, si jamais le projet voit le jour. "Il y a des gens qui sont attirés vers ça. Mais plusieurs entreprises n'ont pas pris la peine d'étudier les tarifs existants", croit Denis Mallet. De passage dans nos bureaux de Dieppe, hier, le porte-parole des promoteurs, Peter Swire, et le président-directeur général d'AcadieNor, Clifford Kennedy, ont dit être conscients que ce ne sont pas tous les entrepreneurs qui utiliseront le réseau ferroviaire pour exporter leurs produits de la Péninsule. "Dans le secteur de la tourbe, je sais qu'il y a des entreprises pour qui ce ne sera pas viable. Mais dans le secteur manufacturier et dans celui du métal, ça va être très profitable. Surtout parce qu'ils font venir de la marchandise et ils en renvoient. Ce serait irresponsable de mettre en place une structure semblable si ce n'est pas viable", a indiqué M. Kennedy. Au cours des prochains mois ou de la prochaine année, le projet devrait se préciser. Des grilles de tarifs seront établies et c'est à partir de ce moment que les promoteurs du projet verront s'il y a un intérêt ou non. On demandera entre autres aux entreprises de s'engager à garantir le transport d'un certain volume de marchandise, sur une période donnée. Pour Denis Mallet, cela semble irréaliste. "On ne va pas se compromettre à long terme seulement pour leur permettre d'être en affaire", souligne-t-il. philippe.ricard@acadienouvelle.com
|