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Depuis quelques mois, ma mère reçoit des services de soutien à domicile - une femme vient à la maison une fois par semaine pour faire un peu de ménage. Cette aide est très appréciée, car à 85 ans, même lorsque l'on est en bonne santé, les tâches ménagères sont de plus en plus difficiles à accomplir.
Au Nouveau-Brunswick, environ 6000 personnes reçoivent des services de soutien à domicile. Ce ne sont pas toutes des personnes âgées comme ma mère, il y a aussi des personnes handicapées, des malades et ceux qui ont besoin d'aide de façon temporaire. Ces services, que ce soit de l'aide ménagère, la préparation des repas, des soins personnels ou médicaux, leur donnent une plus grande autonomie.
Cependant, la disponibilité et le temps d'attente pour ces services varient d'une communauté à l'autre puisque 48 agences privées se partagent cette tâche. D'ailleurs, l'Association des soins à domicile qui regroupe ces agences privées affirme que
25 % des demandes pour ces services ne peuvent pas être satisfaites faute de personnel. L'Association prédit une crise à l'horizon si le gouvernement ne débloque pas plus d'argent pour ce service. Les agences ont de plus en plus de difficulté à recruter du personnel et à le garder.
Le problème, c'est justement que le gouvernement a choisi de laisser au secteur privé le soin de donner ces services essentiels. Les agences reçoivent du gouvernement 13,13 $ l'heure pour les services de soutien à domicile en plus d'un montant pour le transport. Une partie des fonds couvre les coûts administratifs des agences et une marge de profit - le reste paie le salaire des travailleuses.
Résultats, ces travailleuses, car ce sont essentiellement des femmes, gagnent à peine plus que le salaire minimum. Elles n'ont pas, ou très peu, d'avantages sociaux et pas de régime de retraite. Elles reçoivent une allocation minime pour leur essence lorsqu'elles en reçoivent une, elles n'ont pas un nombre d'heures de travail garanti et ne sont pas payées non plus pour leur temps de déplacement d'un client à l'autre. De plus, si jamais un client est hospitalisé ou est parti en voyage, la travailleuse de soutien n'est pas dédommagée. Avec de telles conditions de travail, il ne faut pas s'étonner que personne ne fasse la file pour obtenir un emploi! Souvent, ces femmes n'ont même plus les moyens de travailler ou doivent avoir deux emplois pour arrondir les fins de mois.
Pour la Coalition pour les droits des aînés et des résidants des foyers de soins de longue durée, la solution à ce problème est simple: les services de soins à domicile doivent être des services publics. La Coalition suggère que ce service soit chapeauté par l'hôpital extramural. Déjà, si vous avez besoin d'une infirmière à domicile, vous pouvez obtenir ce service de l'hôpital extramural et si un travailleur social ou une travailleuse sociale va vous voir, c'est un employé du gouvernement. Il n'est donc pas sensé que les autres services à domicile ne soient pas eux aussi offerts et gérés par le gouvernement.
S'il n'agit pas rapidement, avec le vieillissement de la population, le gouvernement va se retrouver avec un sérieux problème sur les bras. À l'heure actuelle, près de 15 % de la population de la province est âgée de 65 ans et plus. Dans vingt ans, elle aura presque doublé.
Et puis, le nombre de personnes handicapées est aussi à la hausse dans la province qui a le deuxième plus haut taux de personnes handicapées par habitant au pays. Le Conseil du premier ministre sur la condition des personnes handicapées parle lui aussi de crise si rien n'est fait pour remédier à la situation. Ceci devient d'autant plus important au moment où il n'y a pas suffisamment de places dans les foyers de soins et où il y a de nombreux cas de personnes âgées qui se retrouvent dans les hôpitaux pour de longues périodes.
Le gouvernement connaît très bien la situation. D'ailleurs, il a entrepris dans le cadre de son programme de réduction sur l'écart salarial, l'évaluation des emplois du personnel des services de soutien à domicile.
Mais ce processus ne servira pas à grand-chose s'il ne dénoue pas les cordons de sa bourse pour rémunérer à leur juste valeur ces travailleuses, en plus de s'assurer d'avoir une relève.
Il devrait suivre l'exemple d'autres provinces où ces services sont publics, plus accessibles, mieux rémunérés et avec des avantages sociaux.


















